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Le blog des rainettes

Le blog des rainettes

De tout et de rien mais surtout de tout : de l'actualité aux voyages, en passant par la culture, littérature, cinéma, l'Art et jusqu'à la cuisine ou la politique, parfois le tout en même temps à 4 mains, à loisir et à l'envie ! Pourquoi ? Parce qu’un et un font un, parce qu’ils existent, parce que c’est suffisant et insuffisant à la fois, parce qu’ils sont toujours d’accord, parce qu’ils ne sont jamais d’accord, parce qu’il est persuadé d’avoir raison, parce qu’elle sait qu’elle a toujours raison, parce qu’il y aura toujours des questions insolubles, parce qu’il y a trop de personnes porteuses de vérités prêtes à l’emploi, parce qu’il y en d’autres envahies de doutes, parce que la liberté de s’exprimer, de se laisser porter est un privilège dont on n’a pas toujours conscience, parce qu’il faut l’explorer comme on explorerait un nouveau continent . Parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux, parce qu’ils se prennent trop au sérieux, parce qu’ils ne peuvent pas se passer d’internet, parce qu’ils aiment réagir, interagir, parce qu’un poste de télé ou un bon bouquin ça n’a pas beaucoup de répartie, parce qu’ils aiment des choses, sont dégoûtés, énervés, par d’autres, parce qu’ils contemplent. Parce qu’IL s’imagine en ermite reculé d’un monde fou au bord d’un étang, parce qu’ELLE veut voir le monde, parce qu’ils ont vu, parce qu’ils ont à voir, parce qu’IL repense la vie, l’univers et le reste dans un trempage hebdomadaire, parce qu’ELLE invente des vies, des univers et des restes dans des nuits blanches quotidiennes, parce qu’ELLE s’ennuie, parce qu’ils sont bavards, parce qu’ils sont timides, parce qu’ils sont différents, parce que les autres sont les autres, parce qu’ils sont de grands gamins et parce qu’ils en ont envie : le blog des reinettes, bavardages avec les grenouilles sur un bord d’étang reculé ou sur un coin de toile pseudo-sociale ! IL et ELLE

DU TEMPS DE CERVEAU DISPONIBLE 3.0

Dans un monde ultra-connecté, le principal défi des vendeurs est la conquête de l'attention de leurs clients. Un bien précieux que des chercheurs théorisent dans une "économie de l'attention".

Combien de fois par jour regardez-vous l'écran de votre smartphone ? 10 fois ? 50 fois ? 150 fois ? Alimenté par les multiples alertes envoyées par les applis, notre usage tend à devenir compulsif. À notre corps défendant ? Possible, les grandes plates-formes numériques sont conçues dans le but principal d'accaparer

l'attention des utilisateurs, de leur "voler" leur temps. Tristan Harris, ingénieur, ancien salarié de Google

décrypte, dans un article très remarqué publié l'année dernière la manière dont les Google, Facebook, Instagram, Tinder, Linkedln, etc. « exploitent nos vulnérabilités psychologiques ». Tous contrôlent nos choix à travers des menus orientés. Ils créent de la dépendance en organisant la

distribution de « récompenses » (les likes de Facebook, les matches de Tinder...). Ils jouent sur notre besoin d'approbation sociale par les autres internautes. Ils nous retiennent avec un contenu inépuisable, mis en scène par des pages sans fin ou le démarrage automatique d'une nouvelle vidéo, juste après la précédente. Autant de mécanismes de manipulation, dont certains exploitent les techniques addictives des machines à sous ou les méthodes des magiciens pour orienter l'attention des spectateurs.

Ces plates-formes, parce qu'elles vivent des publicités ou de l'exploitation de nos traces de navigation,  ont tout intérêt à maximiser le temps que nous passons - que nous perdons ! - chez elles.

 

Au-delà des géants du Web, le défi majeur pour un nombre croissant d’entreprises est aujourd’hui la captation de l'attention des consommateurs. Dans un monde de surabondance d’informations, elle est le bien le plus rare, créateur de valeur pour qui sait la capter. L'attention est ce que nous avons de plu précieux. On ne nous l'extorque par la contrainte qu'au terme de grands efforts et nous ne la prêtons jamais de façon tout à fait gratuite.

 

Cette course pour gagner notre attention n'est pas entièrement nouvelle. Dans une formule devenue célèbre, l'ancien P.D.G. de TF1, Patrick Le Lay, résumait ainsi, en 2004, le modèle économique d'une chaîne de télévision commerciale : fournir à des annonceurs « du temps de cerveau humain disponible ». « À la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or, pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions  ont pour vocation de le rendre disponible: c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. »

 

Quant aux commerçants et aux industriels, il y a bien longtemps que leurs services marketing cherchent à cibler plus finement leurs clients potentiels en leur proposant des services et produits qui collent au plus près de leurs attentes supposés. Par le biais de techniques informatiques de profilage (cookies, algorithmes, etc...), les marques s'efforcent ainsi de faire croire aux consommateurs qu'ils reçoivent une attention personnalisée.

 

Les méthodes pour capturer l'attention sont variées. Yves Citton distingue quatre types d'attention, donnant lieu à autant de « modes de capture » différents : l'attention captive (j'accepte de regarder les publicités avant le début d'un film au cinéma, je lis les pubs s'ouvrant dans de nouvelles fenêtres pop-up sur Internet), l'attention attractive (je décide de jouer à un jeu promotionnel, par exemple sur Facebook), l'attention volontaire (j'ouvre une application mobile sur mon téléphone et je m'expose aux pubs) et l'attention aversive (pour ne pas être exclu de discussions entre amis, je vais lire des informations, notamment sur les réseaux sociaux, et je m'expose aux publicités).

Mais l'effet pervers est la surabondance de messages, avec le risque d'agacer et de faire fuir : c’est le syndrome de saturation cognitive, notre attention est interrompue par l'arrivée de courriels, de coups de téléphone, de publicités s'affichant à droite et à gauche, de bandeaux d'information circulant sur différents écrans (télévision. ordinateur, téléphone, etc...) En submergeant Ies consommateurs d'informations qu’ils n'ont pas nécessairement demandées et qu’ils ne parviennent plus à trier, à évaluer ni à interpréter, c'est l'attention  même que I’on a finalement rendue rare.

 

Les marques se lancent alors à l’assaut de la servitude volontaire de notre attention.
 

Pour parvenir malgré tout à capter l'attention, certains outils sont puissants, comme le jeu vidéo. Parce que l'immersion dans le jeu crée des effets de captation durable de l’attention, parce qu'il transforme le spectateur en acteur, le jeu vidéo constitue l'archétype de la nouvelle industrie de l'attention. Les possibilités d'exploitation marchande sont multiples : les uns associent leurs produits à des jeux, les autres pensent leurs publicités comme des jeux ou transforment des jeux en supports de publicité, ce qui est encore plus insidieux.

Les balbutiements de la réalité virtuelle pourraient donner une nouvelle dimension aux jeux vidéo. On peut en avoir un avant-goût dans certains complexes de cinéma, qui permettent de tester des jeux en VR (virtual reality). Vous êtes confortablement assis dans un fauteuil, qui s'anime au diapason des  scènes que vous vivez de l'intérieur grâce au casque de réalité virtuelle : l'attention est portée à son comble... Sans doute les marketeurs rêvent-ils d'un monde où le consommateur lui-même se met volontairement  dans la peau d'un client captif par le biais d'expériences de "réalité virtuelle", Le XXIème siècle sera-t-il le  siècle de cette servitude volontaire aux marques ? Ou saurons-nous résister au risque d'aliénation de notre attention ?

ELLE

Sources : Le marketing entre économie de l'attention et exploitation culturelle, Yves Citton, hal.archives-ouvertes.fr.

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