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Le blog des rainettes

Le blog des rainettes

De tout et de rien mais surtout de tout : de l'actualité aux voyages, en passant par la culture, littérature, cinéma, l'Art et jusqu'à la cuisine ou la politique, parfois le tout en même temps à 4 mains, à loisir et à l'envie ! Pourquoi ? Parce qu’un et un font un, parce qu’ils existent, parce que c’est suffisant et insuffisant à la fois, parce qu’ils sont toujours d’accord, parce qu’ils ne sont jamais d’accord, parce qu’il est persuadé d’avoir raison, parce qu’elle sait qu’elle a toujours raison, parce qu’il y aura toujours des questions insolubles, parce qu’il y a trop de personnes porteuses de vérités prêtes à l’emploi, parce qu’il y en d’autres envahies de doutes, parce que la liberté de s’exprimer, de se laisser porter est un privilège dont on n’a pas toujours conscience, parce qu’il faut l’explorer comme on explorerait un nouveau continent . Parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux, parce qu’ils se prennent trop au sérieux, parce qu’ils ne peuvent pas se passer d’internet, parce qu’ils aiment réagir, interagir, parce qu’un poste de télé ou un bon bouquin ça n’a pas beaucoup de répartie, parce qu’ils aiment des choses, sont dégoûtés, énervés, par d’autres, parce qu’ils contemplent. Parce qu’IL s’imagine en ermite reculé d’un monde fou au bord d’un étang, parce qu’ELLE veut voir le monde, parce qu’ils ont vu, parce qu’ils ont à voir, parce qu’IL repense la vie, l’univers et le reste dans un trempage hebdomadaire, parce qu’ELLE invente des vies, des univers et des restes dans des nuits blanches quotidiennes, parce qu’ELLE s’ennuie, parce qu’ils sont bavards, parce qu’ils sont timides, parce qu’ils sont différents, parce que les autres sont les autres, parce qu’ils sont de grands gamins et parce qu’ils en ont envie : le blog des reinettes, bavardages avec les grenouilles sur un bord d’étang reculé ou sur un coin de toile pseudo-sociale ! IL et ELLE

Chronique funéraire du 17/06/17

Non, IL, ne t'emballe pas, Johnny Halyday n’est pas encore décédé… le deuil national est repoussé.

 

Helmut Kohl

 

Hier, c’est un « très grand européen » (Emmanuel Macron) qui est décédé à l’âge de 87 ans, « l’un des plus grands leaders de l’Europe d’après-guerre » (G.H. Bush Père) : l'ancien chancelier allemand Helmut Kohl. On peut lire ce matin des portraits élogieux dans tous les journaux.
Les hommages pleuvent à travers le monde, c’est un personnage majeur de la vie politique que vient de s’éteindre. En Allemagne Helmut Kohl est respecté, on rend hommage à son travail mais il n’est aujourd’hui, plus nécessairement aimé. Les scandales financiers qui ont éclaboussé la fin de sa carrière ont un peu terni son image en Allemagne mais il restera pour tous « le père de la réunification allemande » voire « le père de l’Allemagne moderne ». Comme Bismarck en 1871, il avait été surnommé « le chancelier de l’unité », après la réunification allemande de 1990.

 

 

 

Le chancelier a été un colosse de la politique, un redoutable tacticien, il a été l’homme du resserrement des liens avec la France, l’homme qui a conduit son pays vers l’Euro, l’homme qui a parrainé Angela Merkel (« un homme qui a changé [sa] vie de manière décisive ») avant qu’elle ne se décide à tuer le père…

 

 

 

 

 

 

Chef du gouvernement pendant seize ans, de 1982 à 1998, Helmut Kohl aura fait aussi bien que son lointain prédécesseur et mieux que Konrad Adenauer, le premier chancelier de la République fédérale d’Allemagne (RFA) après la seconde guerre mondiale, son modèle en politique. Pourtant, bien peu d’observateurs parient sur une telle durée quand ce provincial, que sa famille politique juge mal dégrossi, arrive à la chancellerie à Bonn, le 1er octobre 1982, à la faveur d’un renversement d’alliance perpétré par le petit parti libéral (FDP).

 

Non que Helmut Kohl soit un novice en politique. Au contraire. Il est entré au Parti chrétien démocrate (CDU) dès 1946, à l’âge de 16 ans – il est né le 3 avril 1930. Après une thèse de doctorat en histoire et sciences politiques sur « Le renouveau des partis en Rhénanie-Palatinat après 1945 », il a brièvement travaillé à l’Association de l’industrie chimique de Ludwigshafen.

 

Surtout, il a gravi peu à peu tous les échelons de l’appareil de la CDU, depuis la direction provisoire en Rhénanie-Palatinat jusqu’à la direction de la CDU fédérale dont il devient vice-président en 1969, puis président en 1973. Cependant, la classe politique comme les journalistes se rient de son accent, de ses déclarations souvent empreintes des mêmes clichés, de sa silhouette – 130 kg, 1,93 m –, une aubaine pour les humoristes.

Au sein même de sa famille politique, il est en proie aux sarcasmes et aux attaques de Franz-Josef Strauss, le chef de la CSU, branche bavaroise de la démocratie chrétienne. Alors que Kohl est le candidat de son parti à la chancellerie, Strauss menace de concurrencer la CDU dans l’ensemble de la RFA et de mettre fin à la formation d’un groupe parlementaire unique CDU-CSU au Bundestag.

Un compromis sera finalement trouvé entre les deux hommes : Strauss renonce à ses projets et Helmut Kohl accepte de lui céder la place comme candidat à la chancellerie en 1980. Celui qu’on surnommait « le taureau de Bavière » essuiera un cuisant échec face à Helmut Schmidt.

 

Son expérience gouvernementale, Helmut Kohl l’a acquise à Mayence, en tant que ministre-président de Rhénanie-Palatinat de 1969 à 1976. Il quitte ce poste après avoir été, pour la première fois, tête de liste de la démocratie chrétienne aux élections fédérales. Avec 48,6 % des voix, la CDU-CSU frôle la majorité absolue, mais la coalition libérale-socialiste menée par le chancelier Helmut Schmidt et le ministre des affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher est reconduite.

 

Franz-Josef Strauss lance, cinglant : « Kohl ne sera jamais chancelier. » Et d’ajouter : « Il en est totalement incapable. Il lui manque le caractère, l’esprit, et les capacités politiques. » Il n’empêche, Helmut Kohl devient président du groupe parlementaire CDU-CSU au Bundestag et, de facto, chef de l’opposition.

 

Il conserve son poste après la défaite de 1980 et se trouve donc bien placé pour gravir la dernière marche du pouvoir quand la coalition libérale-socialiste éclate en octobre 1982. Depuis quelque temps, déjà, les relations sont tendues entre Helmut Schmidt et ses alliés libéraux. Un des dirigeants du FDP, le Comte Otto von Lambsdorff, rédige un texte « stratégique » dans lequel il demande une déréglementation du marché du travail.

 

C’est inacceptable pour le chancelier, par ailleurs en butte aux critiques de la gauche social-démocrate à cause de son soutien à la position américaine dans la crise dite des euromissiles – le déploiement de missiles de croisières et de fusées Pershing-II en réponse à l’installation de SS-20 soviétiques pointés sur l’Europe occidentale. Le 17 septembre 1982, la coalition libérale-socialiste a vécu. Le 1er octobre, les députés chrétiens-démocrates et libéraux votent une motion de défiance constructive contre Helmut Schmidt.

 

Helmut Kohl entre à la chancellerie. Hans-Dietrich Genscher reste ministre des affaires étrangères. Le nouveau chancelier veut provoquer des élections anticipées afin d’être légitimé par les urnes. Le 6 mars 1983, la CDU-CSU enregistre le deuxième meilleur score de son histoire, avec 48,8 % des suffrages, tandis que le FDP paie son revirement en perdant un tiers de ses électeurs (7 %).

 

Ce premier mandat est marqué par des controverses. En visite à Jérusalem en 1984, Helmut Kohl parle de la « grâce de la naissance tardive », allusion aux générations allemandes nées après la guerre qui ne portent pas de responsabilité dans la Shoah, un thème très sensible non seulement en Israël mais aussi en Allemagne. Lui-même a été enrôlé à l’âge de 15 ans dans les auxiliaires de la Luftwaffe mais n’a jamais appartenu à une unité combattante.

 

La mort au front de son frère aîné a contribué à faire de lui un européen convaincu. En 1985, en compagnie du président américain Ronald Reagan, il dépose une gerbe au cimetière de Bitburg, en Rhénanie-Palatinat, où sont enterrés des membres de la Waffen-SS. Le geste provoque une polémique en Allemagne et aux Etats-Unis.

 

En même temps, ces premières années de pouvoir sont l’occasion d’un resserrement des liens avec la France et en particulier avec François Mitterrand. Dans un discours prononcé devant le Bundestag en janvier 1983, à l’occasion du 20e anniversaire du traité de l’Elysée, le président français apporte son soutien à la position de Helmut Kohl sur les euromissiles, contre ses « camarades » du SPD. « Les missiles sont à l’Est et les pacifistes à l’Ouest », déclare François Mitterrand en octobre 1983, lors d’un voyage officiel en Belgique.

 

 

L’année suivante, à l’ossuaire de Douaumont, près de Verdun (Meuse), devant un cercueil recouvert des drapeaux français et allemand, François Mitterrand saisit la main de Helmut Kohl. La photo est restée gravée dans les mémoires.

 

 

L’année 1989 n’avait pas bien commencé pour Helmut Kohl. Au congrès de la CDU à Brême, il échappe de justesse à une tentative de « putsch » fomenté par des caciques qui lui reprochent de mener le parti à la défaite. La divine surprise de la chute du Mur va lui donner une deuxième jeunesse. Kohl a intitulé l’un de ses livres de souvenirs Je voulais l’Unité de l’Allemagne.

Toutefois, quand les Allemands de l’Est commencent à manifester contre le régime communiste et à « voter avec leurs pieds » en essayant par tous les moyens de fuir « le premier Etat des ouvriers et paysans sur le sol allemand », le chancelier, comme la grande majorité de ses compatriotes de l’Ouest, est très prudent. Il craint qu’une déstabilisation de l’ensemble du bloc de l’Est n’entraîne un arrêt des réformes en Union soviétique (URSS) et la chute de Mikhaïl Gorbatchev, avec lequel il a fini par nouer des relations cordiales après l’avoir maladroitement comparé à… Goebbels.

 

L’ouverture du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, le surprend alors qu’il est en visite officielle en Pologne. Il interrompt son voyage, rentre précipitamment à Berlin, se montre au balcon de la mairie de Schöneberg avec tout ce que la RFA compte d’hommes politiques importants, et reprend le chemin de Varsovie.

 

Le 28 novembre, sans en avoir parlé à personne, même pas à son partenaire de la coalition gouvernementale, Hans-Dietrich Genscher, il présente au Bundestag un « programme en dix points pour le dépassement de la division de l’Allemagne et de l’Europe ». Ce programme est encore très modéré. Il prévoit un processus long dont l’aboutissement serait une confédération entre les deux Etats allemands.

Mais François Mitterrand est ulcéré que son « ami Helmut », qui était quelques jours plus tôt à Paris, ne lui en ait pas touché mot. Toutefois, en décembre 1989, au Conseil européen de Strasbourg présidé par François Mitterrand, Helmut Kohl obtient le soutien des Douze à l’autodétermination du peuple allemand.

A partir de la fin de l’année, les événements s’accélèrent. La décomposition de la RDA est de plus en plus manifeste. La réunification remplace peu à peu l’exigence de démocratisation du régime est-allemand dans les revendications des manifestants. En garantissant une aide financière à la perestroïka, Helmut Kohl s’est assuré que Mikhaïl Gorbatchev ne s’opposerait pas à l’unité allemande.

 

Les élections de mars 1990 – les premières élections libres à l’Est depuis 1933 – donnent une majorité à la CDU, qui a fait campagne en faveur de la réunification.

L’union économique, monétaire et sociale des deux Allemagnes entre dans les faits le 1er juillet. Helmut Kohl impose un taux de change de un contre un entre le mark est-allemand et le deutschemark et promet des « paysages florissants » aux Allemands de l’Est.

Les derniers obstacles sont levés quand l’URSS accepte que l’Allemagne reste membre de l’OTAN et que l’accord 4 + 2 (les quatre puissances victorieuses du Reich et les deux Etats allemands) écarte les derniers obstacles à sa pleine souveraineté.

Les élections du 3 octobre 1990 entérinent le succès de la démocratie-chrétienne contre la social-démocratie menée par Oskar Lafontaine. Helmut Kohl peut être célébré comme le « chancelier de l’unité ».

 

 

 

En contrepartie, pour manifester son ancrage européen, il accepte la mise en route de l’Union économique et monétaire qui débouchera sur la création de l’euro, « contre les intérêts allemands », confiera-t-il quelques mois plus tard au secrétaire d’Etat américain James Baker.

 


Construire une Allemagne européenne et non pas une Europe allemande était une obsession chez ce chancelier qui n’avait pas oublié l’Histoire. Jusqu’au bout, Helmut Kohl défendra l’euro, fait à la main des Allemands et lancé le 1er janvier 1999. Mais sans aller jusqu’à l’union politique à peine esquissée à Maastricht. Avec la réunification et les revendications croissantes des Länder, l’Allemagne et Helmut Kohl avaient tourné la page du fédéralisme.

 

Après le triomphe personnel de la réunification, il reste encore huit ans au pouvoir. Des années de trop, diront ses amis comme ses adversaires, marquées par une stagnation de la vie politique, un ajournement permanent des réformes, le refus d’Helmut Kohl à mettre sur orbite son héritier naturel, Wolfgang Schäuble.

Car derrière ses airs bonhommes, le « géant du Palatinat » a construit un système impitoyable pour ses adversaires comme pour ses proches, destiné à perpétuer son règne. Après seize ans de coalition démocrate-chrétienne-libérale, l’usure du pouvoir fait le lit du gouvernement rouge-vert emmené par Gerhard Schröder et Joschka Fischer.

 

Helmut Kohl siège encore pendant une législature au Bundestag, où il sera resté au total vingt-six ans. En 2009, à l’occasion du 20e anniversaire de l’ouverture du Mur, il avait retrouvé à Berlin deux « complices » de l’époque, Mikhaïl Gorbatchev et George H. Bush. Il pouvait entrer dans les livres d’histoire.

 

 

 

 

Christian Cabrol

 

Une autre disparition est à noter hier aussi, celle d’un pionnier de la transplantation cardiaquer, le Professeur Christian Cabrol à 91 ans.

Le professeur Cabrol a réalisé la première greffe cardiaque en Europe en avril 1968, quatre mois après celle, historique, du professeur Chris Barnard au Cap. Il est mort à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, des suites d’une longue maladie, là où il avait réalisé sa greffe.

 

Lorsqu’il tente sa première greffe du cœur, le professeur Cabrol se heurte à un milieu médical très réticent. Le patient, âgé de 66 ans, ne survit que pendant cinquante-trois heures. « Certains pensaient qu’il fallait être un peu fou », relevait-il dans une interview. Mais l’arrivée dix ans plus tard des ciclosporines, un puissant médicament antirejet, change radicalement la donne et permet des survies beaucoup plus longues.

Pour le professeur Cabrol, le chemin est désormais tout tracé : en 1982, il réalise la première transplantation cardio-pulmonaire en France et il récidive en 1986 avec la première implantation d’un cœur artificiel temporaire Jarvik 7, conçu pour servir de remplacement en attendant une greffe.

Le professeur Cabrol devient en 1989 le grand défenseur de la greffe à la tête de l’Association France Transplant, qui organise notamment les prélèvements d’organes, une mission aujourd’hui confiée à l’Agence de la Biomédecine.

La même année, il fonde l’Association pour le développement et l’innovation en cardiologie (Adicare), qui contribue à la création de l’Institut de Cardiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le chirurgien est en effet convaincu qu’il faut regrouper tous les professionnels de santé impliqués dans le diagnostic et le traitement des maladies cardio-vasculaires en un même endroit.

 

Nul homme n’est parfait, même quand il sauve des vies, il faut signaler que  parallèlement à ses activités médicales, Christian Cabrol a mené une carrière politique à droite. Membre du RPR puis de l’UMP, il a été élu conseiller de Paris pour la première fois en 1989 dans le 13e arrondissement. Il a été réélu en 1995 dans le même arrondissement puis dans le 16e en 2001. Député européen de 1994 à 1999, il a occupé les fonctions d’adjoint au maire de Paris, Jean Tiberi, entre 1995 et 2001.

 

 

Le "petit Grégory"

 

Trente-trois ans après son assassinat et un an avant la fin du délai de prescription l'affaire Grégory est réanimée.

«Ici repose un ange.» Si le petit Gregory, noyé pieds et mains liés dans la Vologne le 16 octobre 1984, a trouvé depuis longtemps son épitaphe, l'affaire Grégory, elle, ne semble pas près de connaître son épilogue. Certes, après plusieurs décennies d'impasses, l'enquête est relancée après les mises en examen hier pour enlèvement et séquestration suivie de mort de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de la victime. Mais les déclarations confuses, incomplètes, hier, du procureur général de la République de Dijon ne laissent pas présager un proche dénouement de l'affaire...

 

 

 

Nouveau coup d'épée dans l'eau ou réelles avancées vers la vérité dans ce dossier miné par les ratés et les erreurs judiciaires ? «On n'a aucun élément matériel, rien, on a mis la charrue avant les boeufs», s'est empressé d'annoncer, au sortir du palais de justice, Me Stéphane Giuranna, l'avocat de Marcel Jacob, qui a « jugé criminel de jeter en pâture le nom d'un couple ». Le conseil devrait rapidement demander « la nullité de la mise en examen » de son client qui aurait dû seulement être placé sous le statut de témoin assisté, selon lui. En attendant Marcel et Jacqueline Jacob, tous deux âgés de 72 ans, sont en détention provisoire. Le couple a été mis en examen dans deux établissements pénitentiaires distincts.

 

Pendant plus de deux ans, deux analystes criminels ont relu les 12 000 pièces du dossier. Chaque protagoniste a été « positionné » dans le laps de temps fatal (une demi-heure) grâce au logiciel. Par ailleurs, à défaut d'analyses ADN probantes, de nouvelles expertises en écriture sur des courriers anonymes ont été effectuées.

 

C'est au regard de ces dernières comme des concordances troublantes avec le profil défini en amont par les analystes (proximité familiale et géographique avec les grands-parents Villemin, contentieux marqué avec cette famille, proximité avec Bernard Laroche...) que le couple Jacob est devenu suspect. « Le corbeau s'est manifesté par des écrits, par des appels téléphoniques qui ont été passés par un homme et une femme », a rappelé hier le procureur général, ajoutant qu'il y a une corrélation « entre le contenu des appels et le contenu des écrits ». En 1982, Marcel Jacob avait lancé au père de Grégory : « Je ne serre pas la main d'un chef. » Et le terme de « chef » revient dans les lettres envoyées par les corbeaux, a souligné le magistrat. Selon nos informations, d'autres recoupements effectués par AnaCrim auraient permis de relever que le couple se livrait à des surveillances et des repérages. Or, celui-ci ne présente pas en l'état d'alibi qui soit confirmé ou étayé selon le procureur.

Reste une question : la justice fait-elle trop confiance au logiciel AnaCrim, comme le pensent les défenseurs du couple et certains spécialistes judiciaires. « Le but d'AnaCrim dans cette enquête était de relever toutes les incohérences des divers protagonistes, pas de livrer le coupable présumé, tempère le général François Daoust commandant le pôle judiciaire scientifique de la gendarmerie. Dans cette affaire, on part de rien, en 1984, les techniques scientifiques de l'investigation criminelle n'étaient même pas imaginables. » Ceci ne suffit pas sans doute à expliquer pourquoi le couple n'avait jusque-là jamais été placé en garde à vue et vraiment inquiété..

 

 

 

Voilà pour une journée bien chargée en souvenirs...

Et Johnny... non, pas encore.

ELLE

 

 

Un point commun dans tout cela ?

Le coeur certainement. Le coeur un peu à gauche de Kohl, celui rafistolé de Cabrol, le coeur arrêté trop tôt de Grégory. 

La mécanique du coeur a quelque chose d'aléatoire qui, entre ses soubresauts et ses arrêts, fait se rencontrer des personnes que tout sépare. Cela fait de ces morts quelque chose de particulier, mise en exergue par la lumière des projecteurs. Cela veut-il dire que la mort de personne connues est plus importante que celles d'inconnus ?

Du point de vue des médias, c'est certain (on en trouve les exemples permanents dans le traitement des attentats, dans celui des accidents de groupe, etc...). Du point de vue humain, rien n'est moins sûr, bien au contraire. Dans le même temps, des dizaines de milliers d'individus sont morts, pas vraiment connus, pas trois lignes dans les journaux. 

Pourtant toutes ces morts ont leur importance, pour chacune il y a des larmes, des manques, des chagrins, des douleurs qui ne peuvent pas être remplacées. L'arrêt d'un coeur reste un évènement particulier, un trou béant qui laisse dans un autre coeur une marque indélébile. 

Petite pensée pour toutes ces morts inconnues...

IL

ps : et non, je n'attends pas la mort de johnny et à vrai dire, je ne peux pas vraiment expliquer pourquoi, mais je m'en moque royalement... je me demande juste si on gagnera un jour férié à cette occasion ;-). 

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