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Le blog des rainettes

Le blog des rainettes

De tout et de rien mais surtout de tout : de l'actualité aux voyages, en passant par la culture, littérature, cinéma, l'Art et jusqu'à la cuisine ou la politique, parfois le tout en même temps à 4 mains, à loisir et à l'envie ! Pourquoi ? Parce qu’un et un font un, parce qu’ils existent, parce que c’est suffisant et insuffisant à la fois, parce qu’ils sont toujours d’accord, parce qu’ils ne sont jamais d’accord, parce qu’il est persuadé d’avoir raison, parce qu’elle sait qu’elle a toujours raison, parce qu’il y aura toujours des questions insolubles, parce qu’il y a trop de personnes porteuses de vérités prêtes à l’emploi, parce qu’il y en d’autres envahies de doutes, parce que la liberté de s’exprimer, de se laisser porter est un privilège dont on n’a pas toujours conscience, parce qu’il faut l’explorer comme on explorerait un nouveau continent . Parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux, parce qu’ils se prennent trop au sérieux, parce qu’ils ne peuvent pas se passer d’internet, parce qu’ils aiment réagir, interagir, parce qu’un poste de télé ou un bon bouquin ça n’a pas beaucoup de répartie, parce qu’ils aiment des choses, sont dégoûtés, énervés, par d’autres, parce qu’ils contemplent. Parce qu’IL s’imagine en ermite reculé d’un monde fou au bord d’un étang, parce qu’ELLE veut voir le monde, parce qu’ils ont vu, parce qu’ils ont à voir, parce qu’IL repense la vie, l’univers et le reste dans un trempage hebdomadaire, parce qu’ELLE invente des vies, des univers et des restes dans des nuits blanches quotidiennes, parce qu’ELLE s’ennuie, parce qu’ils sont bavards, parce qu’ils sont timides, parce qu’ils sont différents, parce que les autres sont les autres, parce qu’ils sont de grands gamins et parce qu’ils en ont envie : le blog des reinettes, bavardages avec les grenouilles sur un bord d’étang reculé ou sur un coin de toile pseudo-sociale ! IL et ELLE

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

La télévision est devenue au fil des décennies une compagne, une amie, une ouverture sur le monde, un lien vers une forme de réel... croit-on. La télévision nous informe, nous éduque, nous divertit... enfin ça c'est dans le prospectus de redevance.

La réalité est moins idyllique, nous le savons tous de manière plus ou moins consciente.

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

Au début était l'image, peu de choix, la couleur au ralenti, l'état comme source de management. On ne voyait pas encore le poids des images, le choc des propos.

Cela s'est manifesté petit à petit. Peut-être, pour faire court, avec l'introduction des chaînes privées courant des années 1980, la venue de propriétaires qui ne sont là que pour une forme de rentabilité. Les programme se sont mis alors à changer et la fameuse maxime devint le pivot de tous les choix : faire des programmes "du temps de cerveau humain disponible"... pour la publicité, le nerf du fonctionnement des chaînes.

C'est là que nait la Cinq, un florilège de tout ce qui pouvait être racoleur, et des films de temps en temps. Elle a vécu sous les choix de Berlusconi, Hersant, Lagardère. C'est après qu'elle mourut faute dettes trop importantes et par manque de capitaux frais. Il n'en reste que J.-C. Bourret obstinément accroché à ce passé.  

L'audience est le métronome, le juge de paix : plus il y a d'audience, plus il y a de personnes susceptibles de regarder la publicité au grand ravissement des annonceurs.

Une chaîne de télévision rentable est une chaîne qui propose les programmes les plus regardés.

Alors, les programmes se sont adaptés à cette "nécessité".

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

La télévision s'émancipe des crédos initiaux pour proposer de nouveaux concepts, toujours au plus près du "désir" des téléspectateurs. Désirs parfois devancés, parfois imprévus, mais il faut vendre de la pub quoi qu'il en coute.

La publicité devient également un programme à part entière, de petits bijoux de créativité d'humour ou de sensations sont élaborés, en 30 secondes chrono le message doit être passé, le produit identifié et surtout l'envie d'achat générée. La nuit des publivores en fait toujours un digest mondial hilarant.

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

Plus étrange, la télévision s'auto-génère elle-même en inventant des programmes qui parlent... de télévision. Le serpent se mord la queue et le consommateur apprécie.

La TV fait naître la téléréalité, et la gloire warholienne touche d'une frénésie nouvelle une jeunesse en manque de quelque chose ou de but précis. Passer à la TV est devenu le but (comme devenir champion de foot, pour marquer des buts), après on verra.

Avant pour le spectacle et l'audience, un peu de cul suffisait, un peu d'action parfois, là, avec la téléréalité pour faire de l'audience il ne faut rien faire.

Enfin, au début.

Les grands classiques se sont ensuite mis également de la partie, le combo est devenu téléréalité et sexe plus ou moins visible (de Loana aux Anges ou aux Marseillais, il y a le choix). Pour peu qu'il y ait des innovations linguistiques et on atteint des sommets.

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

Le cerveau est de plus en plus libéré, les spectacles de plus en plus vides, les recettes publicitaires de plus en plus grandes... mais partagées entre des acteurs de plus ne plus nombreux. Les guerres font rage. Avec l'aide d'un ami, le service public s'est vu dépossédé de recettes publicitaires lucratives au bénéfice de la première chaîne privée. Mais la dilution continue et la guerre est de plus en plus sanglante. Pourtant, les programmes et animateurs qui font de l'audience sur le service public sont débarqués les uns après les autres pour redonner un peu d'oxygène au spécialiste des grands chantiers (Delphine Ernotte travaille pour Bouygues ?), on verra...

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

Un cas particulier, une chaîne atypique, Canal + avait choisi une option moins lucrative mais intéressante. Un mélange d'abonnement, de programmes en clair sans abonnement en locomotive, deux services principaux payant, autour du sport et du cinéma. Mettons dans cette alchimie un entrepreneur qui voulait avoir son outil de propagande et ... ??? Fort de son expérience et de sa morgue, le concept a complètement volé en éclat devant l'économie, les émissions phares ont été déboulonnées, la création cinématographique laissée pour compte, et le sport (dont le roi football) réduit à la portion congrue. Une chaîne innovante est réduite à une chaîne à péage sans intérêt particulier. C'est le charme des solutions entrepreneuriales purement commerciales : détruire et niveler pour se retrouver avec un outil qui n'est pas plus une chaîne de télévision qu'un supermarché.

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

A force d'explorer ce qui peut plaire en concurrence avec les autres chaînes, on arrive à des solutions inimaginables il y a que ne serait-ce que 5 ans.

Par exemple, les émissions avec chroniqueurs parlant de la télévision ont fait un peu le tour des possibilités. Puis vint Hanouna (C8, groupe Canal+). On y trouve de la provoc, des insultes, des humiliations, des foutages de gueule, mixés avec des commentaires parfois argumentés et un regard sur les autres émissions totalement subjectif. D'autant plus subjectif qu'il s'agit d'une figure de proue dans le combat d'un groupe contre un autre, TF1 contre Canal+. Alors, il faut absolument dézinguer les "collègues" de l'autre groupe, le tout sous couvert de "non on ne mange pas de ce pain là", mieux, en prenant à partie le public (Arthur par exemple). Pour faire bonne mesure et pour illustrer ce combat homérique qui ne restera pas dans les annales, en face, dans le même temps on trouve Quotidien sur TMC qui fait la promotion des champions de son groupe (TF1) ou qui reçoit les déçus du camp adverse (Canal+).

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

Les émissions culturelles se payent la part réduite à pas grand chose et la vertu éducative de ce que la télévision pouvait proposer dans sa jeunesse est un peu lointaine. Le service public ne devrait pas avoir une mission de rentabilité (d'autant moins que notre redevance la finance), mais devrait mettre en avant les champs laissés en friche par les autres chaînes.

Qu'avons nous vu au contraire ? Par exemple la disparition d'une émission comme "C'est Pas Sorcier" de France 3, et pour quelle raison ? Je veux dire, pour quelle raison acceptable ?

Arte reste sur sa ligne culturelle et elle fonctionne avec une audience réduite, et c'est tant mieux.

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

Le cinéma a aussi été réduit au cours du temps. Désormais, on peut compter un soir par semaine pour avoir la possibilité de voir une film en prime time (comme ils disent ;-)) sur les grandes chaînes historiques (TF1, France 2, France 3). Pour ceux qui n'ont pas accès à un complément à la TNT, cela laisse peu de chance de voir un film qui sorte des blockbusters ou des grands succès publics. En effet, les films choisis dans ces créneaux restreints sont très souvent des œuvres qui ont réalisées beaucoup d'entrées, ce qui peut être un critère pour s'assurer une belle audience. Là encore, le contre-exemple est donné par Arte qui permet de visionner des films plus anciens, parfois France 3. Bref, les cinéphiles ont intérêt à chercher leur pitance ailleurs.

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

L'information est aussi entrée dans la course à l'audience. En particulier, l'information en continue doit se nourrir de spectacle, de sensationnel, de buzz, d'exclusivité. A aller vite, à vouloir informer les filtres disparaissent, on se croirait dans la téléréalité si ce n'était la réalité (on informe de la présence de personnes essayant de se soustraire à un preneur d'otage ou de la position de snipers de sécurité, on désinforme en colportant rumeurs et informations non vérifiées...). La partie télévisuelle de l'information perd le recul nécessaire à la qualité d'un travail "sourcé" et recherchant une part d'objectivité. L'audience règne. Les journaux télévisés quotidiens, "la messe du 20h", ne sont pas en reste, et là encore un combat permanent met face à face TF1 et France 2. Un journal télévisé à forte audience, c'est une pub plus chère avant et après le dit journal. Donc, fourbissez vos armes plus ou moins racoleuses, sensationnalistes ou pseudo démonstratives.

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

Les programmes produits par les chaines se simplifient ou tournent autour d'une recette qui fonctionne et que l'on exploite jusqu'à la corde : la chanson ou la cuisine en sont les fer de lance. Les séries sont aussi exploitées du mieux possible (les Experts je crois font parti des records en déclinaisons, en nombre d'épisodes et en audience pour TF1 par exemple). Des programmes qui divertissent, des programmes qui laissent notre cerveau dans le même état qu'avant le spectacle, à part peut-être un peu plus imbibé de l'envie d'acheter une nouvelle cuisine ou un nouveau SUV.

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

Bien sur, on peut toujours dire que la multiplicité des chaînes offre une multiplicité de programmes et un choix qui permet aussi de s'affranchir des spots publicitaires. C'est certain. Sans ce choix, comment saurions nous que les extra-terrestres (ou ancien astronautes) nous auraient visités (ou pas, ça dépend si l'on est Bourret ou pas ^^), que le tatouage pouvait se faire en concours (pauvres modèles pour les ratés), que nous pouvions chercher de l'or en Australie, construire des cabanes dans les arbres ou des aquariums, enchérir pour acheter à l'aveugle des containers, tuner des voitures, suivre des matchs de foot sans images... Comment saurions nous que Chica Vampiro avait des problèmes de coeur, que les As de la Jungle résolvaient les mystères les plus épineux, que One Punch Man s'emmerdait parce qu'il était trop fort, que Colombo était encore vivant, que les jeux vidéos avaient leurs chaînes dédiées,... pour ne parler que des programmes les plus divers.

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

Ce qui est plus ennuyeux, c'est le rapport entre audience et choix des programmes. A faire d'une chaîne de télévision uniquement une machine à vendre des spots publicitaires, on perd son essence initiale, son ADN mute pour n'être qu'une tête de gondole. Berlusconi a fait sa fortune sur ce principe, Bouygues et Bolloré veulent aussi leur joujou médiatique.

Pourtant il y a la possibilité de tout faire, surtout pur une chine généraliste, et encore plus pour une chaîne publique. L'art, la création, la culture, les échanges humains, l'histoire non revisitée ne devraient pas être relégués sur des chaînes thématiques ou qualifiées de subalternes pour cause d'audimat défaillant. Par exemple, SFE, Souvenir From Earth est une chaîne sans aucun sens a priori, avec des spots sans commentaires, de l'art contemporain visuel et/ou conceptuel, elle pourrait trouver sa place à partir de 3h du mat sur une chaîne historique sans que cela ne gène personne.

 

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

Et puis n'oublions pas ce fait essentiel : nos émissions sont aussi des ambassadrices de notre civilisation à 300000Km/s, autant projeter dans l'espace des programmes civilisés ! (bon ok, là c'est scabreux comme argument, mais on ne sait jamais, pensons à Contact, Explorers, ou Galaxy Quest ^^).

 

IL

Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?
Toc toc toc, qui frappe à la lucarne ?

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