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Le blog des rainettes

Le blog des rainettes

De tout et de rien mais surtout de tout : de l'actualité aux voyages, en passant par la culture, littérature, cinéma, l'Art et jusqu'à la cuisine ou la politique, parfois le tout en même temps à 4 mains, à loisir et à l'envie ! Pourquoi ? Parce qu’un et un font un, parce qu’ils existent, parce que c’est suffisant et insuffisant à la fois, parce qu’ils sont toujours d’accord, parce qu’ils ne sont jamais d’accord, parce qu’il est persuadé d’avoir raison, parce qu’elle sait qu’elle a toujours raison, parce qu’il y aura toujours des questions insolubles, parce qu’il y a trop de personnes porteuses de vérités prêtes à l’emploi, parce qu’il y en d’autres envahies de doutes, parce que la liberté de s’exprimer, de se laisser porter est un privilège dont on n’a pas toujours conscience, parce qu’il faut l’explorer comme on explorerait un nouveau continent . Parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux, parce qu’ils se prennent trop au sérieux, parce qu’ils ne peuvent pas se passer d’internet, parce qu’ils aiment réagir, interagir, parce qu’un poste de télé ou un bon bouquin ça n’a pas beaucoup de répartie, parce qu’ils aiment des choses, sont dégoûtés, énervés, par d’autres, parce qu’ils contemplent. Parce qu’IL s’imagine en ermite reculé d’un monde fou au bord d’un étang, parce qu’ELLE veut voir le monde, parce qu’ils ont vu, parce qu’ils ont à voir, parce qu’IL repense la vie, l’univers et le reste dans un trempage hebdomadaire, parce qu’ELLE invente des vies, des univers et des restes dans des nuits blanches quotidiennes, parce qu’ELLE s’ennuie, parce qu’ils sont bavards, parce qu’ils sont timides, parce qu’ils sont différents, parce que les autres sont les autres, parce qu’ils sont de grands gamins et parce qu’ils en ont envie : le blog des reinettes, bavardages avec les grenouilles sur un bord d’étang reculé ou sur un coin de toile pseudo-sociale ! IL et ELLE

Les chemins de la liberté

Les chemins de la liberté

 

Nous avons tous notre idée du bonheur, un bel étang, une belle ile, un beau conjoint, des beaux enfants, une belle vie, ha la belle vie ! Nous avons tous une idée plus ou moins lucide de ce qui peut l’entraver, souvent en rapport avec les autres car nous sommes tous maîtres de notre propre destinée… ou pas. ELLE l’a très bien montré, au point de conditionner le bonheur par la présence d’un regard extérieur incontournable (Une île déserte.)

 

Le bonheur fait couler beaucoup d’encre, le bonheur fait sonner beaucoup de notes. Il devient un impératif catégorique. Sinon, à quoi servirait la vie si nous ne cherchions pas les clés qui peuvent la rendre moins absurde, plus supportable, plus nécessaire à explorer ? Le bonheur devient une raison d’être, voire LA raison d’être. Ainsi, nous serions naît malheureux, en pleurant, et nous passerions notre impermanence à retrouver le Paradis Perdu (cf. Paradise Lost) jusqu’à ce que nos cellules décident de vivre leur propre vie, souvent encore dans les larmes, peut-être de regret, de n’avoir pas pu toucher du doigt ce que nous cherchions. Cela fait des vies d’interrogation et de déception.

 

Le bonheur est peut-être d’autant plus insaisissable qu’il est notre horizon. Comment sait-on que nous avons atteint notre but ? Il y a toujours un nuage noir pour assombrir le vent blanc. Notre insatisfaction traduit ce que nous ne pouvons pas formuler. Le bonheur est un objectif peut-être tentant, mais il a été là sans que nous ayons pu en sentir toute la plénitude. Puis il n’est plus. Drôle d’objectif. Pas de recette, pas de certitude, un moment furtif souvent, une insatisfaction, une
                         incomplétude.

 

Pourtant cela donne un sens acceptable à ce que nous cherchons désespérément à comprendre. Cela dit, est-ce que la vie est si mystérieuse, est-ce vraiment ce que nous cherchons à comprendre ? Ne serait-ce pas plutôt le pourquoi nous en sommes conscients ? Pourquoi nous nous savons vivants en opposition à un corps inanimé ? Pourquoi nous avons ces deux barrières, celles d’avant l’apparition de notre prise de conscience de notre existence et celle d’après ? Et pourquoi une fois que nous le savons pleinement, cela doit s’arrêter ?

Face à ces interrogations, le bonheur est un cache-misère, le chercher, le trouver parfois, c’est oublier que les questions précédentes n’ont pas de réponse unique et certaine. Se les poser est incontournable, est-ce pour autant que la ou les réponses ont réellement un sens ? Cela se transpose dans tout le savoir humain qui recule les limites de l’espace et du temps jusqu’à arriver sans cesse à de nouvelles frontières comme celle du point ultime où l’espace et le temps sont réduits en un point. Est-ce que cela a un sens de chercher à savoir ce qu’il y a avant ? Notre conscience est par essence limitée, accepter ces limites n’est pas un aveu de faiblesse, mais un aveu de réalité.

Est-ce que cela fait des vies vaines ? Non, loin de là. Nous nous inscrivons dans une histoire, nous sommes un moment, nous serons autre chose demain. Les recherches, les questions, les réponses parfois nous font avancer et évoluer vers plus tard. Tout comme la première cellule était un avenir concentré, tout comme les premiers hominidés ont vécu leurs vies de contingences et de découvertes sans penser ni se soucier des voitures volantes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors, je me pose toujours des questions et je construis mon propre puzzle. Parmi les pièces que j’ai collectées, il y en a une entre toutes en forme d’exigence absolue, une sans laquelle les autres ne peuvent pas s’agencer, elle s’appelle Liberté. Est-ce aussi un horizon ? Peut-être. Ce que je sais, ou crois savoir en tout cas, c’est que sans elle, les autres recherches sont inutiles.

 

Je ne vais pas faire un exposé long et fastidieux sur cette nécessité, d’autres l’ont fait et le feront de manière bien plus détaillée et argumentée. Je ne vais pas écrire son nom sur un mur ou la mettre dans une bouteille jetée à la mer. Elle est dans ma tête, une condition sine qua non pour une conscience pleine et entière de mon existence. Sans elle, je ne peux pas être heureux. Sans elle, les autres questions et les autres réponses ne m’appartiennent pas. Enfin, en tant qu’être cherchant sa liberté, je ne peux laisser personne me donner la becquée.

 

 

 

Bien sûr, je me positionne par rapport à ce que d’autres peuvent dire ou penser, mais je n’en fais jamais ma nourriture sans digestion, je ne clone personne, je ne singe personne. Cela ne m’empêche pas de faire des erreurs, de faire parfois du mal sans le vouloir. Mais si je tiens à une certaine morale, ce n’est pas le fruit d’un carcan social qui, d’imitation en imitation, perd son sens premier. C’est parce qu’en voyant une autre personne je choisis de ne pas en faire une ennemie, mieux je la vois comme mon égale… même si parfois, trop humain, il m’arrive de réagir devant des incivilités, ou à des actions sciemment menées contre moi.

Cela a construit aussi chez moi un sens développé de l’injustice, l’injustice face aux autres, l’injustice d’un discours, d’une décision, d’une politique… il y a des choses comme ça qui sont directement issues de la liberté que je chéris.
Et le bonheur dans tout ça ? Ou encore, si ce dernier ne peut se vivre qu’avec une autre personne au moins, est-ce que la liberté est compatible avec le bonheur ? Peut-on être libre au milieu des autres ?

Les chemins de la liberté sont parfois ardus, pentus, essoufflant. Ce sont des voies que l’on ne peut que parcourir seul, personne n’a les yeux braqués sur notre for intérieur. Etre seul en soi n’est pas un enfer, mais une obligation. Puis, lorsque la nécessité fait loi, pour construire au-delà de la liberté au moins en partie acquise, les autres deviennent évidents. La liberté est la pierre sur laquelle je construis mon être. Elle me donne la conscience de moi, des autres, de la vie de l’univers et du reste. Cette conscience m’ouvre la possibilité de voir les autres comme ils sont, non pas comme ils paraissent ou, parfois, croient être. Alors, on peut partager et construire encore plus, citius altius fortius (heu, pas sûr de mon latin de vache espagnole, merci ELLE.)

 

 

Pourtant, il se passe parfois des choses étranges qui me font encore douter d’avoir fait éclater mes chaines. Pour se sentir libre au milieu des autres, leurs regards ne peuvent pas changer ce que nous sommes. Parfois c’est le cas, parfois non. Cela peut arriver dans une discussion, le détour d’un argument, une situation… je ne pense pas de la même manière lorsque je suis seul et lorsque je suis en face de quelqu’un. Il y a une perturbation. Elle est peut-être irréductible. Après tout, l’observateur fait partie de l’expérience scientifique, sa présence influe sur le résultat. Lorsque je suis en face d’une personne avec qui j’interagis, mes réactions changent en fonction de ce qu’elle est, dit, fait. Cela voudrait-il dire que l’on ne peut être réellement libre que seul ?

 

Oui, j’en suis intimement persuadé. Cela dit, la construction humaine, le parcours de vie, les constructions et autres réflexions sont progressives. La liberté est, je crois, nécessaire pour construire ensuite des choses plus complexes. La liberté assure un refuge lorsque avec les autres cela ne fonctionne pas comme nous l’aimerions. Elle conditionne le bonheur, la morale, la justice, l’altruisme, l’empathie… Il y aura toujours en moi une parcelle libre, loin de toute perturbation. C’est pour cela que je choisis librement de partager ce que je suis avec d’autres sans crainte pour ce que j’ai construit en moi.

Ainsi il en va de la liberté, elle donne le choix d’être ou de ne pas être, elle donne le choix de vivre seul ou accompagné, elle donne à l’existence une réalité qui permet le bonheur, entre mile et une chose.

 

IL

A lire aussi, la réponse d'ELLE à cet article : Ces héros libertaires, de grands égoïstes ?

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