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Le blog des rainettes

Le blog des rainettes

De tout et de rien mais surtout de tout : de l'actualité aux voyages, en passant par la culture, littérature, cinéma, l'Art et jusqu'à la cuisine ou la politique, parfois le tout en même temps à 4 mains, à loisir et à l'envie ! Pourquoi ? Parce qu’un et un font un, parce qu’ils existent, parce que c’est suffisant et insuffisant à la fois, parce qu’ils sont toujours d’accord, parce qu’ils ne sont jamais d’accord, parce qu’il est persuadé d’avoir raison, parce qu’elle sait qu’elle a toujours raison, parce qu’il y aura toujours des questions insolubles, parce qu’il y a trop de personnes porteuses de vérités prêtes à l’emploi, parce qu’il y en d’autres envahies de doutes, parce que la liberté de s’exprimer, de se laisser porter est un privilège dont on n’a pas toujours conscience, parce qu’il faut l’explorer comme on explorerait un nouveau continent . Parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux, parce qu’ils se prennent trop au sérieux, parce qu’ils ne peuvent pas se passer d’internet, parce qu’ils aiment réagir, interagir, parce qu’un poste de télé ou un bon bouquin ça n’a pas beaucoup de répartie, parce qu’ils aiment des choses, sont dégoûtés, énervés, par d’autres, parce qu’ils contemplent. Parce qu’IL s’imagine en ermite reculé d’un monde fou au bord d’un étang, parce qu’ELLE veut voir le monde, parce qu’ils ont vu, parce qu’ils ont à voir, parce qu’IL repense la vie, l’univers et le reste dans un trempage hebdomadaire, parce qu’ELLE invente des vies, des univers et des restes dans des nuits blanches quotidiennes, parce qu’ELLE s’ennuie, parce qu’ils sont bavards, parce qu’ils sont timides, parce qu’ils sont différents, parce que les autres sont les autres, parce qu’ils sont de grands gamins et parce qu’ils en ont envie : le blog des reinettes, bavardages avec les grenouilles sur un bord d’étang reculé ou sur un coin de toile pseudo-sociale ! IL et ELLE

Handicapé du transfert

Handicapé du transfert

Il y a un quelque chose dont je me sens totalement exclu, une forme d'amputation, peut-être une forme de malformation : je ne suis "fan" de personne.

Le fanatisme profond (conduisant à cerveau lavé donc plus propre) ou superficiel (conditionné par une coupe de cheveux, une tessiture de voix, un physique à faire bouillonner les hormones) me dépasse complètement. Je ne peux pas dire les choses différemment, je regarde cela comme un amérindien pouvait regarder un conquistador. A ceci prêt que je ne m'agenouille pas devant ces épanchements. Ca m'intrigue.

Handicapé du transfert

Comment se fait-il que tant de personnes trouvent dans des individus qu'ils ne connaissent pas, un support à tant d'émotions ?

Cette forme d'amour va de l'admiration à la dévotion, elle se dirige vers un prophète ou un bellâtre, une jolie bimbo ou un intellectuel hors norme.

On exalte un destin, une personne à travers son œuvre, une plastique... et ?

J'ai l'impression, puisque je suis un observateur objectif, extérieur à ces attirances, que c'est la même chose qu'il s'agisse d'un Beethoven, un Hugo, les New Kids on The Block, une Arianna Grande, un Gandhi, un Luther King, un Staline ou un Kim Jong Un. Si on excepte les modes d'expression de ce fanatisme -semble-t-il bimodal-, ici il s'agit des sujets d'admiration, il n'y a aucun point commun entre ces personnes, pourtant il y a des "fans de..." du point de vue de cette expression d'amour, ils sont tous sur un pied d'égalité, équivalents.

Handicapé du transfertHandicapé du transfert
Handicapé du transfertHandicapé du transfert

Quelles sont les différences réelles entre ces personnes ? Bon, les dictateurs forcent leur notoriété et la ferveur à leur égard. Mais toutes sont "connues", médiatisées, iconiques. Y avait-il moins de fanatiques avec des modes de communication moins répandus ? Possible... mais c'est un autre sujet.

Ces sujets d'admiration représentent quelque chose qui semble faire raisonner aux tréfonds des tripes. Je n'en sais pas beaucoup plus, j'essaye d'imaginer.

Bien sur, il y a des artistes que j'aime bien, du moins plus que d'autres, mais sur mon pinacle il n'y a personne. A vrai dire, je n'en ressens même pas le manque. Peut-être que la dimension humaine reste toujours présente. Cela ne minimise pas les œuvres, mais un homme reste un homme (ou une femme bien sûr, voire les deux pour les cas les plus étranges).

Handicapé du transfert

Donc, du point de vue de l'humanité, toutes les personnes adulées sont identiques à nous-mêmes, des être humains. Je les imagine enfants, ou vieillards, ils sont autant nés que morts, ils sont des bouts de ce que nous sommes. Cela n'en fait pas des êtres extraordinaires. Alors pourquoi les glorifier ?

Un héros fait son travail, ce pourquoi il est fait et les circonstances aléatoires font que l'histoire retient son héroïsme. Un compositeur explore les champs musicaux et il nous reste ses partitions. Il n'en demeure pas moins que ce sont des hommes avec leurs sentiments, leurs affres, leurs vies. La lumière qui les a fait être plus visibles était contingente finalement.

Cela permet l'existence d'artistes en devenir, inconnus de leur vivant, les œuvres dépassant leur temps humain. La gloire du temps de l'existence de ces artistes n'est en rien liée à la grandeur de leur production.

Mieux, il y a parfois des êtres critiquables voire détestables qui peuvent engendrer des choses magnifiques. On peut ainsi aimer une œuvre mais pas sont géniteur.

Handicapé du transfert

Alors pourquoi admirer certaines personnes plus que les compositions, livres, films, sculptures... ?

Etre fan d'une autre personne, se dévouer corps et âme pour un autre individu cela relève de quel processus ? Pourquoi je ne m'y reconnais pas ?

Il y a tellement d'expressions différentes de cette forme d'amour que ce n'est pas facile de tout synthétiser. Quoi de commun entre une Kardashian à la vie vide et à la plastique surdéveloppée, et un D'Ormesson à l'écriture pleine et à la plastique sans commentaire (au point de se tatouer son nom sur la peau comme pour J. Doré) ?

Handicapé du transfert
Handicapé du transfert

On admire les uns pour ce qu'ils font, les autres pour ce qu'ils sont, ou du moins, ce qu'ils représentent.

Le besoin que beaucoup ont de s'accorder à ces vies est vraiment étrange, non ?

Une adolescente, en groupe ou seule, va "aimer" son idole et en faire son rêve, parfois même cet amour traverse les âges (comme ce fut le cas pour Obispo qui déclama sa flamme à Polnareff... le retour de flamme a été douloureux je crois, mais peu importe, le fan est fan. Un lecteur assidu va trouver en Proust, Céline, Baudelaire, Dumas ou Corneille l'expression de ses propres pensées ou sentiments avec une évasion que seuls les mots permettent. Un cinéphile va se fondre dans un film ou un jeu d'acteur et modeler sa vie pour lui donner un autre corps (combien se sont vus en Tyler Durden ou en Indiana Jones ? Sans parler des adeptes de la Force qui est avec eux... ou dans une galaxie très très lointaine).

Handicapé du transfert
Handicapé du transfert
Handicapé du transfert

Berger le chantait aussi avec sa Groupie du Pianiste, amoureuse d'un égoïste, mais qu'est-ce qu'elle aurait bien pu faire ?

Le Cinéma l'a illustré que ce soit envers un ou une chanteuse (Backstage, Jean-Philippe, Podium), un sportif (le Fan), un acteur (Fan, film indien de Maneesh Sharma ou Mes Stars et Moi), un écrivain (Misery, Odette Tout le Monde), voire un serial killer (Copycat).  

Ce n'est jamais en bien que ces histoires apparaissent. Le fan est décrit dans ces films comme un ou une obsédé/e, névropathe pour ne pas dire psychopathe. Cela donne du corps à l'histoire, mais cela pourrait être caricatural. Cela dit, est-ce si dénué de sens ? Il y a des comportements fanatiques qui s'éloignent de la santé mentale.

Handicapé du transfert
Handicapé du transfert
Handicapé du transfert
Handicapé du transfert
Handicapé du transfert

C'est comme si être fan représentait une forme de béquille à la vie. Ca serait à développer autour de cet éternel besoin d'affection parental auquel nous sommes tous soumis, probablement. Le fan en manque d'affection se transpose en un être aimé... en adorant une personnalité élue.

Ce qui perturbe encore plus c'est que l'on va utiliser le même vocabulaire pour des "fous de dieu", découvrant une foi et engendrant un fanatisme pour la défendre au point d'exclure le reste du monde.

Les fans font partie d'un club, un groupe dans lequel ils se sentent peut-être plus vivant. Un club qui exclut les autres, être fanatique c'est exclure en corollaire. Cela peut confiner à des rencontres explosives comme le lieu de cet attentat à Manchester où une réunion de fans d'une chanteuse "pour ados" s'est trouvée ensanglantée par l'intervention démente d'un kamikaze embrumé dans de sa folie fanatique.

Handicapé du transfert

Peut-être qu'une clé se situe là, dans le groupe. Faire partie d'un groupe pour certains est un ingrédient existentiel. On se reconnait dans l'autre qui a les mêmes goûts. Le fanatisme n'est pas un amour exclusif, jalousant, c'est une manière de se retrouver avec des semblables adorateurs. De mon côté, je ne fais partie d'aucun groupe, je ne recherche l'approbation de personne, ou le regard bienveillant et compréhensif de personne. Est-ce la raison qui fait que je ne place personne au-dessus, ni en dessous, de moi ? C'est possible.

L'autre frein que j'ai, c'est que je ne juge pas. Certains diront que je peux être dur, intransigeant ou très critique. Pourtant, réellement, je ne juge personne. Si je le faisais, alors je jugerais une personne meilleure ou pire que moi (bon, ok, il y en a des pires, si si ^^). Mais dans les faits, les particularités de chacun sont comme les miennes. Alors, personne n'est réellement admirable, personne n'est détestable. Ne pas être fanatique, c'est aussi ne pas exclure. La réciproque est vraie, si on n'exclut personne, alors on ne peut pas être fanatique. Est-ce ainsi que les partis populistes et « excluants » se développent ? Au travers d'un fanatisme autour d'une personne ? Si ces idées ne sont pas incarnées, s'il n'y a pas de groupe de membres fiers d'être entre eux, s'il n'y a pas de fanatisme, ces partis existent-ils ?

Handicapé du transfert

Quant à ce qui est fait, ces choses étonnantes et hors norme que ce soit intellectuellement, artistiquement, socialement, je l'ai déjà développé en partie. Disons, par exemple que pour les arts, les œuvres produites sont toujours distinctes, disjointes, de l'artiste (même si je sens poindre une once de contradiction, n'est-ce pas ELLE ? ;-)). Aimer une œuvre ne conduit pas au fait d'aimer à outrance celui qui l'a produite, parfois c'est même le contraire qui se produit (y a-t-il des admirateurs du personnage de Céline ou de Houellebecq ? pourtant leurs écrits ont leurs fans...).

Alors oui, je suis handicapé d'une forme de ségrégation, de hiérarchie, d'appartenance. Je ne m'encombre pas de cela, c'est une perte de temps et d'une certaine manière tellement éloigné de ce que nous sommes réellement, au fond de nous.

IL

PS : pour les fans de James Bond à la sauce R. Moore, une petite pensée pour leur idole défunte... tout est impermanent dans ce monde, les héros meurent aussi un jour.   

Handicapé du transfert
Handicapé du transfert

ELLE a envie d'ajouter son grain de sel :

Quand on aime une oeuvre dans son entité, ou ce que l'on appelle en littérature, des oeuvres complètes, il est difficile de détacher le créateur, l'auteur de ses productions.

Je ne me décris et considère pas comme une "fan" mais je guette certaines sorties de films, certaines publications de livres, certaines expositions d'un réalisateur, auteur ou artiste. J'aime certains artistes au-delà de leurs oeuvres.

Le contraire est aussi vrai pour moi, j'aime des ouvrages dont les auteurs me répugnent. Je pourrais parler de Céline (je me refuse à parler de Houellebecq) mais j'ai surtout envie de reparler de ces auteurs / héros de la Liberté égoïstes  que j'aime lire et qui me font rêver mais dont je n'apprécie pas la réalité des auteurs.
J'ai aimé et admiré Bjorn Larson jusqu'à ce que je lise un essai où il fait part de façon autobiographique de son mode de vie et de ses choix sur la Liberté.

Oui, sans être fan, j'admire certains artistes et il me plaît de posséder quelques ouvrages dédicacés, de me souvenir d'une rencontre, d'une poignée de main, d'un mot personnel ou d'un sourire.

Quant à "appartenir à un groupe", mon expérience, un peu solitaire m'a attirée vers des groupes religieux que j'enviais à l'époque pour leur universalité, j'ai envié les membres de ces Eglises / sectes / groupes mais malgré la jalousie, le sentiment de solitude, je n'ai jamais réussi à me ranger derrière un leader insaisissable unique et pour moi fictif, à adhérer à des doctrines discutables mais rendues impossibles à discuter, à trouver de l'universalité là où les dissidents sont finalement rejetés.

ELLE

 

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