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Le blog des rainettes

Le blog des rainettes

De tout et de rien mais surtout de tout : de l'actualité aux voyages, en passant par la culture, littérature, cinéma, l'Art et jusqu'à la cuisine ou la politique, parfois le tout en même temps à 4 mains, à loisir et à l'envie ! Pourquoi ? Parce qu’un et un font un, parce qu’ils existent, parce que c’est suffisant et insuffisant à la fois, parce qu’ils sont toujours d’accord, parce qu’ils ne sont jamais d’accord, parce qu’il est persuadé d’avoir raison, parce qu’elle sait qu’elle a toujours raison, parce qu’il y aura toujours des questions insolubles, parce qu’il y a trop de personnes porteuses de vérités prêtes à l’emploi, parce qu’il y en d’autres envahies de doutes, parce que la liberté de s’exprimer, de se laisser porter est un privilège dont on n’a pas toujours conscience, parce qu’il faut l’explorer comme on explorerait un nouveau continent . Parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux, parce qu’ils se prennent trop au sérieux, parce qu’ils ne peuvent pas se passer d’internet, parce qu’ils aiment réagir, interagir, parce qu’un poste de télé ou un bon bouquin ça n’a pas beaucoup de répartie, parce qu’ils aiment des choses, sont dégoûtés, énervés, par d’autres, parce qu’ils contemplent. Parce qu’IL s’imagine en ermite reculé d’un monde fou au bord d’un étang, parce qu’ELLE veut voir le monde, parce qu’ils ont vu, parce qu’ils ont à voir, parce qu’IL repense la vie, l’univers et le reste dans un trempage hebdomadaire, parce qu’ELLE invente des vies, des univers et des restes dans des nuits blanches quotidiennes, parce qu’ELLE s’ennuie, parce qu’ils sont bavards, parce qu’ils sont timides, parce qu’ils sont différents, parce que les autres sont les autres, parce qu’ils sont de grands gamins et parce qu’ils en ont envie : le blog des reinettes, bavardages avec les grenouilles sur un bord d’étang reculé ou sur un coin de toile pseudo-sociale ! IL et ELLE

MORITURI TE SALUTANT

Il est difficile d’admettre que nous sommes tous mortels. Et que c’est... pour l'éternité ? C’est dur et comme le dit Woody Allen, « l'Eternité c'est long, surtout vers la fin »… mais c'est comme ça.

On n'arrive toujours pas, depuis des millions d'années, à s'y habituer... Pourtant, quand faut y aller... On tente bien des trucs pour reculer l'instant fatal : chirurgie du rajeunissement, petites pilules à la DHEA, graines de pamplemousses. Oui, on vit plus vieux qu'avant, mais… on meurt encore. Scandaleux ! Alors, certains se tournent vers toutes sortes de croyances : ils se prennent à croire à une vie éternelle, soit là-haut au paradis, soit en se réincarnant en vache.
D’autres s’accrochent à la science, guettent les études de Near-Death Experience, se font cryogéniser, des fois que, dans mille ans, on les dégèlerait comme un mammouth.

Apparaît cependant une alternative très branchée: l'immortalité virtuelle. Il est désormais possible d'envoyer des « coucous » de l'au-delà. L'enfer est pavé de bonnes intentions, car je ne suis pas certaine que ça fasse très plaisir aux vivants de continuer à recevoir des nouvelles du défunt tout au long de leur Vie Comme si on avait besoin de souffler sur les braises du chagrin.

Et puis il y a ceux qui n'ont aucun désir d'immortalité, mais alors, pas du tout. Soit ils ont appris à vivre en paix avec l'idée de l'inéluctable, soit ils veulent en finir avec la souffrance, trouver la paix.

Le marché de la mort, en tout cas, se porte bien. Celui des pompes funèbres pèse 2,5 milliards d'euros par an.

 

 

 

LA MORT EN 2.0

 

Qu'est-ce que mourir au XXIe siècle, quand on poke et qu'on twitte ? Sur le Web, le décès est passé de la commémoration intime à la célébration publique. Eh oui, l'immortalité est à deux clics du quidam et les vivants peuvent se recueillir sur du marbre en pixels !

 

Facebook a créé pour ses morts la fonction ln Memoriam. Son profil ainsi « gelé», le défunt ne risque plus de se retrouver en «suggestion d'amis», et il ne peut plus rien publier. Ne souriez pas, sur Facebook les morts peuvent encore parIer !
En effet, savez-vous que vos ennemis dont vous pensez être débarrassés peuvent encore vous envoyer des textos d'insultes, même engoncés dans leur linceul ? Quant à votre mamie, elle a pris soin avant de mourir de préparer ses bons vœux et ses cartes d'anniversaire pour toute la famille et pour toujours. Ça fait plaisir, non ? De nombreux organismes du Net proposent ce service de messagerie post mortem. Le site Deadsocial, lui, propose même de publier des statuts Facebook, tweets et autres pokes depuis la tombe. Et de s'amuser avec des blagues aussi douteuses qu’inappropriées: « Tu me manques, même si Marilyn Monroe est sympa.» Hihihi...

D'autre part, toujours sur Facebook, pour les vivants « amis», ln Memoriam, permet de pleurer sur le « mur » du mort et de laisser ce genre de messages : «J'ai appris que tu étais mort. C'est dingue!» ou «J'espère que tout va bien»... Un profil Facebook peut aussi être supprimé, pour cela il faut que la demande émane d'un ou plusieurs «amis» en possession d'un avis de décès. Et si, comme souvent, Papa et Maman ne sont pas les «amis» de leur ado disparu, et bien à eux de se débrouiller!

 

Dans un autre genre, le coffre-fort numérique, c'est l'occasion, tant qu'on le peut, de composer son « album de vie »... pour l'éternité. Stocker sur un site ses photos et ses secrets, ses vidéos et ses regrets, soucieux de son prochain, on peut aussi y compiler ses recommandations, sa paperasse et ses identifiants de réseaux sociaux et à notre mort, ceux que nous aurons choisis recevront les clés du coffre-fort. Apprendre post-mortem qu’un proche avait un compte Meetic doit ravir le deuil…

 

Des sociétés anglo-saxonnes ont trouvé la solution pour rendre les stèles plus branchées : les tamponner d'un QR Code en plastique ou en marbre, selon ses moyens. En un flash de smartphone, le curieux d'un jour ou l'ami de toujours est redirigé sur un site contenant la biographie du défunt, des photos, des commentaires... D’après le site internet d’une de ces socitétés, cela permet de prolonger la cérémonie du souvenir. En plus, «devant sa tombe, c'est le vivant qu'on imagine, au travers des anecdotes et de l'histoire de sa vie»! En revanche, pour ceux qui ne sont équipé que d’un vieux Nokia à touches, il leur reste la prière…

 

À la frontière du jeu vidéo et de l'album souvenir, les cimetières virtuels, c'est le « top » en matière de commémoration en ligne. Ne vous trompez pas de division, les morts sont répartis en catégories: « people», « petits anges » ou « animaux». Errez dans une prairie verdoyante ou une galerie de portraits, puis trouvez la page interactive de votre proche décédé. Cliquez sur la fontaine et vous découvrirez des poèmes postés par son époux, cliquez sur la stèle et vous consulterez des photos d'enfance. Ces concessions extraordinaires tirent leurs bénéfices des cadeaux, bougies et autres soliflores virtuels que l'on peut acheter en ligne. À 20 euros l'année la composition imputrescible, c'est mamie qui va être contente !

 

On connaissait le .fr (pour la France), le .xxx (pour la fesse)... voilà qu'arrive le .rip (pour les morts) ! Momentous a acheté ce nouveau nom de domaine dans le but d'ouvrir de nouveaux espaces de deuil et de discussions pour «garder vivants les souvenirs» des défunts du monde entier. Par exemple, si je pleure Steve Jobs, comme beaucoup, je peux créer une page stevejobs.rip. Et si je pleure mon chat toute seule, minetteétaitunedéesse.rip. Vivement le .lol pour s'offrir des espaces de plaisanteries.

 

 

ET LES PETS ?

Chaque année, environ un demi-million de chiens et de chats sont incinérés. Cette pratique, récente, témoigne d'un nouveau rapport des hommes à leur animal de compagnie. Marque de respect pour les uns, dérive anthropomorphique pour les autres...

 

« Tu es mon amour, mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour, je t'aime, oui, je t'aime. » Tu t'es donné à moi». « Tu me manques. Un jour, on se retrouvera»... Sur les pages noircies des livres d'or des cimetières pour animaux de compagnie ou des crématorium animaliers, les gens couchent leur peine, tirent une dernière révérence, confessent un amour éperdu. Mais ce n'est ni leur enfant ni leur parent que ces poètes d'un instant sont venus pleurer. Ce sont les animaux de compagnie que l'on incinère depuis le début des années 2000 : des chiens et des chats, parfois des souris, des rats, des furets ou des lapins, à qui leurs propriétaires ont voulu réserver une fin «digne» peut-on lire sur les sites internet du crématorium du Pescher.


Il y a quelques années, les animaux ont pris une place nouvelle auprès de leurs maîtres, qui n'hésitent pas à gratifier d'un «mon bébé», «mon amour», «mon oxygène» Ils sont un membre à part entière de la famille et il était que la gestion de leur mort n'échappe pas à cette logique. y a encore dix ans, les cadavres qui n'étaient pas enterrés étaient collectés par le service de l'équarrissage pour finir en graisses ou en farines. Les vétérinaires, voyant leurs clients dépenser de plus en plus d'argent en soins, ont décidé de proposer une alternative à la broyeuse publique.

Les animaux domestiques peuvent aussi donner lieu à un deuil national. Au Japon, au début du XXème siècle, Hachiko venait tous les jours accueillir son maître, Hidesaburo Ueno, au train de 4 heures, Un jour, celui-ci n'est pas sorti du train, ni de ceux des jours suivants. Mais Hachiko est venu l'attendre au même train pendant dix ans, assis sur un muret, avant de mourir à son tour. Est-ce une fidélité sans bornes au maître ou à ses habitudes ? Cela reste un mystère. En tout cas, si vous passez un jour par la gare Shibuya, près de Tokyo, vous y verrez un chien en bronze assis pour l'éternité. C'est Hachiko.

 

 

EN CENDRES OU EN BOITE, QUE FAIRE DE SON DEFUNT ?

 

Avec une âme de rocker, vous pourriez vous hasarder à sniffer les cendres de votre père, comme s'en est vanté Keith Richards, à moins d'en faire une sculpture comme le Britannique Jason Shulman ou de se laisser séduire par ces sociétés américaines qui transforment les cendres en diamant. Pas de bol, toutes ces fantaisies sont impossibles en France, où seules deux options funéraires sont autorisées : le cimetière, classique, ou l'incinération.

Quoi qu'on fasse, un cercueil est obligatoire, et tant pis pour les écolos adeptes du linceul en coton bio, gage d'un retour plus rapide (et moins onéreux) à la poussière. Une fois mis en bière, on peut être inhumé en pleine terre ou dans un caveau maçonné. Si on préfère l'incinération, la loi impose, depuis 2008, de donner une dernière sépulture aux cendres désormais considérées comme des «restes mortels». Il n'est plus possible de garder l'urne d’un défunt en déco sur la cheminée du salon, ni de partager les cendres de ses parents entre frères et sœurs comme un gâteau d'anniversaire. On peut la laisser un an à la garde des pompes funèbres en attendant de se décider à la ranger au columbarium, dans le caveau familial ou de disperser les cendres. Le Jardin du souvenir du cimetière est tout désigné pour cela, à moins de préférer son propre jardin, les cimes enneigées ou la campagne bucolique, à condition de faire une déclaration en mairie pour prévenir du lieu de la dispersion. Prendre la voie publique, jardins compris, pour dernière demeure est en revanche interdit. Reste un lieu de choix romantique, un espace de liberté où l'on ne vous demandera ni autorisation ni passe-droit pour rendre les cendres à la nature : la mer.

 

Au fond du jardin ?
Alain Delon aime les chiens, il en a eu plusieurs dizaines qui avec le temps ont fini enterrés au fond de sa propriété. Un jour, ce sera son tour, alors, pour ne pas mourir seul, le comédien souhaite être inhumé chez lui, aux côtés de ses bergers belges, sa passion. Mais en a-t-il le droit ? Oui, à condition d'obtenir l'autorisation du préfet et de respecter les conditions établies par la loi: un hydrogéologue devra d'abord étudier le terrain pour déterminer s'il peut accueillir une sépulture sans risque pour la nappe phréatique. En clair, son expertise nous évitera de boire des miettes d'Alain Delon avec notre pastis.

Mais ce n'est pas fini. Être enterré à la maison n'est possible que si l'on est situé à 35 mètres minimum de toute agglomération. Enfin, si Alain rejoint ses compagnons à quatre pattes comme il en rêve et que ses héritiers vendent sa demeure, les nouveaux propriétaires auront pour obligation d'entretenir la sépulture et de laisser un droit de passage perpétuel à la famille du disparu. Libre à eux, en revanche, de lancer des invitations pour les barbecues ou d’installer un guichet pour les fans...

 

 

DU SAPIN OU DES CENDRES ?

 

A l'heure du Choix final, partir sous terre ou en fumée et contrairement à nos voisins européens, qui surfent sur la vague de la « mort verte » et développent des produits à faible empreinte écologique, les services funéraires français ne brillent pas par l'originalité de leur offre.

 

Cercueils en bambou, en herbes marines ou en jacinthe d'eau tressée... le filon du développement durable a investi le secteur funéraire en Europe avec des matériaux naturels ou recyclés. Même la très catholique Irlande autorise les cercueils en saule, à poignées en corde naturelle. Chose impossible en France, où le bois exerce un monopole quasi absolu.

Et si les cercueils en carton sont autorisés depuis 1998, ils peinent à s'imposer. Fabriqués en exclusivité pour un unique détaillant, situé dans le Gard, leurs ventes plafonnent à 300 exemplaires par an. Les professionnels boudent le produit, certains assurant, à tort, qu'il est illégal, d'autres que le carton est dangereux, car il s'enflamme trop vite à l'entrée du four et ne permet pas au cadavre de se consumer jusqu'au bout, comme le fait le bois. Du coup, bon nombre de crématoriums le refusent. On soupçonne aussi que son prix (300 euros l'entrée de gamme) limite trop leurs marges pour être séduisant. Quitte à être écolos, les professionnels lui préfèrent le cercueil en chêne issu de forêts françaises gérées durablement, sans solvant, avec capitonnage en coton non traité, ouate ou amidon de maïs... Toujours en hausse malgré les émanations de toxines et de métaux lourds qu'elle génère, l'incinération concerne 30 % des décès en France et 50 % en région parisienne.
On peut compenser la pollution émise en choisissant une urne en argile, compost ou sel pour une dispersion en mer, ou s'offrir la poétique urne Bios. En carton biodégradable, les cendres de Papy s'y mêleront à du terreau pour nourrir la petite graine de pin d'Alep qui y dort. À chaque mort, son arbre.

 

 

 

JE NE VEUX PAS FINIR COMME CA !

 

Parfois, un être cher vous dit des choses comme ça : « Tu ne me laisseras pas finir comme un légume, hein ?» et, bêtement, on répond : « Oui, bien sûr. Parce qu'on est dans la vie, dans le bonheur, et qu'on ne pense pas qu'un jour la question se posera.

 

En février dernier, le Ministère de la Santé lançait une campagne d’information sur la fin de vie, pour mieux faire connaître les changements législatifs entrés en vigueur depuis un an. Cette campagne a pour but de permettre à chaque Français de mieux connaître ses droits et d’aborder le sujet sereinement avec les professionnels de santé, mais aussi avec ses proches.

 

La loi du 2 février 2016 prolonge la loi Leonetti de 2005, en accordant de nouveaux droits aux personnes en fin de vie. Elle ouvre ainsi la possibilité d’une "sédation profonde et continue" jusqu’au décès, c’est-à-dire l’administration de sédatifs pour permettre à des malades graves en phase terminale, dont la souffrance est insupportable, d’être endormis jusqu’à leur mort.
Le texte clarifie aussi le "refus de l’obstination déraisonnable", en précisant les conditions dans lesquelles l’arrêt des traitements pourra être décidé.
Il n’autorise en revanche ni l’euthanasie ni le suicide assisté.

Une campagne d’information avait déjà été menée en décembre pour mieux faire connaître ces nouvelles dispositions aux professionnels de santé et leur permettre d’engager le dialogue avec leurs patients. Le nouveau volet de la campagne lancé en février vise cette fois le grand public, pour inviter chacun à dire de son vivant s’il souhaite limiter ou arrêter les traitements qu’il pourrait recevoir en fin de vie, au cas où il deviendrait incapable alors d’exprimer sa volonté.

 

Dans le cas où la question se pose, dans le cas où nous sommes concernés directement ou indirectement, quel choix a-t-on vraiment ?

- La Sédation profonde et continue : L’administration de sédatifs (substances anti-douleurs et apaisantes) de manière "profonde et continue", autorisée par la loi Leonetti-Claeys du 2 février 2016, permet à des malades gravement atteints en phase terminale, dont la souffrance est insupportable, d’être endormis jusqu’à leur mort. Le droit à une "sédation profonde et continue", c’est "le droit de dormir pour ne pas souffrir avant de mourir", selon la formule du député Jean Leonetti.

- Les soins palliatifs : il s’agit tous les traitements médicamenteux et non médicamenteux donnés à une personne non guérissable, dont la maladie évolue et s’aggrave, conduisant à des souffrances physiques et morales". Les objectifs de la médecine palliative sont le soulagement du corps, l’apaisement moral, la personnalisation de l’accompagnement du malade et des proches, pas forcément dans l’optique d’un décès proche.

- L’euthanasie : l’euthanasie, qui vient du grec "bonne mort", désigne l’acte d’un médecin, voire d’un tiers, « qui provoque la mort d’un malade incurable pour abréger ses souffrances ou son agonie » (définition Larousse). Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) définit l’euthanasie comme « un acte destiné à mettre délibérément fin à la vie d’une personne atteinte d’une maladie grave et incurable, à sa demande, afin de faire cesser une situation qu’elle juge insupportable. »
Dans les pays ayant adopté une législation favorable à l’euthanasie, ce terme est réservé aux situations où il existe une demande formulée par la personne malade, ce qui permet de distinguer l’euthanasie de l’homicide qui est le fait de donner la mort à une personne qui ne l’a pas demandée.

L’euthanasie indirecte peut se définir comme le fait de donner à une personne des substances pour réduire sa souffrance avec comme effets secondaires possibles la mort.
L’euthanasie passive est l’interruption volontaire de traitements médicamenteux ou d’appareils qui maintiennent en vie une personne ou encore de l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation artificielles.

- Le suicide assisté : le suicide assisté ou le suicide avec assistance médicale ou encore l’assistance au suicide, diffèrent en principe de l’euthanasie car dans ce cas l’acte létal est accompli par la personne malade elle-même, selon le CCNE.

 

 

 

La Suisse est l'un des rares pays d'Europe à autoriser le suicide assisté. Mais seule une association, nommée Dignitas, ouvre cette pratique aux étrangers. On l’appelle « la maison bleue ». Elle ne désemplit pas depuis plus de quinze ans. L'association Dignitas, basée à Zurich propose d'aider à se suicider les personnes qui le souhaitent.

La Suisse n'autorise pourtant pas l'euthanasie. Mais avec le suicide assisté, elle propose une autre voie. Et reste l'un des seuls pays d'Europe à autoriser une telle "prestation", pour reprendre la terminologie de l'association.

Comment se déroule ce service de l'extrême ?
Le Code pénal suisse autorise l'assistance au suicide, à condition que celle-ci ne soit pas motivée par un « mobile égoïste ». L'assistance au suicide (ou suicide assisté) se distingue de l'euthanasie car elle désigne le fait de fournir à une personne les moyens de se suicider. La mort n'est donc pas déclenchée par un tiers, mais par le patient lui-même.
Deux grandes associations proposent d'aider ces personnes déterminées. Exit, qui ne s'adresse qu'aux Suisses, et Dignitas, qui accueille aussi des étrangers. Cette dernière est membre de la Fédération mondiale des associations pour le droit à mourir, dont fait également partie l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), principale association française pro-euthanasie et pro-suicide assisté.
Pour bénéficier des prestations de Dignitas, il faut auparavant adhérer à l'association. Si celle-ci reçoit principalement des personnes atteintes de maladies incurables, son fondateur controversé, l'avocat Ludwig Minelli, revendique le droit à un accompagnement élargi. Seule condition : « Avoir une maladie. » Une définition floue qui va donc au-delà de l'euthanasie telle qu'elle est pratiquée en Suisse. Les témoignages filmés ou racontés de français ou de proches de français s’étant ainsi suicidée avec l'aide de Dignitas alors qu’ils étaient encore valides et s'exprimaient sans difficulté sont aujourd’hui nombreux.

 

Une procédure rapide et très détaillée : « Nous mettons en avant un principe : être aussi rapidement et simplement que possible aux côtés d'une personne qui recherche de l'aide », indique l'association sur son site. Entre l'adhésion et le suicide programmé, la procédure peut aller vite (une semaine tout au plus). « La raison est évidente : si nous devions appliquer un délai de réflexion, nous serions totalement incapables d'aider dans les cas d'urgence, ce qui n'est pas acceptable d'un point de vue éthique. »
Après avoir fourni des documents médicaux, la personne s’entretient avec un médecin sur place. Celui-ci est seul habilité à prescrire l'ordonnance du produit qui servira à donner la mort. Un délai maximal de trois à quatre mois entre la prescription et l'assistance au suicide est demandé par les autorités. Dignitas assure qu'elle ne relance jamais les adhérents : à chaque étape, c'est à eux d'enclencher les démarches nécessaires. Bien entendu, jusqu'à la dernière seconde, la personne peut faire le choix de ne pas se suicider.

 

Une substance létale est aussi disponible en France : sur l'ordonnance prescrite par le médecin se trouve la mention "pentobarbital". C'est un barbiturique qui devient mortel à partir d'une certaine dose. Un accompagnateur, membre de Dignitas, est chargé d'aller se procurer ce produit à la pharmacie.
En France, le pentobarbital est disponible mais exclusivement réservé à un usage vétérinaire.


Dans les témoignages filmés à la Maison Bleue, des suicides assistés par Dignitas, on voit des personnes allongées sur un lit qui ingurgite le pentobarbital dilué dans un verre d'eau, en trente secondes environ, leurs paupières se ferment, leur cœur cesse de battre à peine deux minutes plus tard, sans spasmes.

Si la personne n'est pas en mesure de se donner elle-même la mort, l'association a défini très précisément la procédure, pour éviter toute poursuite juridique : « Il est admissible d'aider l'adhérent dans la mesure où cette aide n'entraîne pas l'absorption ou l'introduction du médicament dans le corps : il est donc permis de tenir le verre avec la paille, mais il ne l'est pas de faire basculer le verre afin que le liquide rentre dans la bouche. »

 

Il faut compter environ 10 500€ pour un suicide assisté « tout compris », des visites médicales, au rapatriement du corps, en passant par les démarches administratives.

L’opinion générale tend à penser que Ludwig Minelli a profité de cette activité pour s'enrichir. Aucune preuve dans ce sens n'a pu être apportée.

 

Les témoignages posthumes ou même parfois pendant l’acte de ces personnes ayant choisi le suicide assisté peuvent déranger mais en rendant publique leur mort en Suisse, ils démontrent souvent que leur combat individuel pour l'euthanasie rejoint leur combat collectif. Ils mettent le doigt sur un manquement français en joignant la parole aux actes.

C'est ce qu'a fait Nicole Boucheton, une militante pro-euthanasie partie en Suisse pour «mourir dans la dignité». Vice-présidente de l'Association pour le droit à mourir (ADMD) dans la dignité et atteinte d'un cancer en phase terminale, elle s'est exilée en Suisse afin de «mourir selon ses propres volontés» en 2014.

Dans un texte posthume, Nicole Boucheton a expliqué les raisons de son exil en regrettant que François Hollande n'ait «toujours pas tenu sa promesse 21» sur «l'assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité». Il est un peu tard pour qu’il le fasse, la loi du 2 février arrive bien tard et ne répond pas aux engagements initiaux. Emmanuel Macron est très attendu sur ce point…

Nicole Boucheton a décrit «Je suis atteinte d'un cancer du rectum. Lors du diagnostic, le seul traitement curatif était chimio, tomo-thérapie puis chirurgie : colostomie. J'ai refusé la chirurgie car trop mutilante : l'anus artificiel qui me condamnait à une vie dans des conditions que je juge, pour moi-même, dégradées et inacceptables». Elle poursuit en affirmant avoir «pris contact avec une association suisse afin d'y pouvoir faire un autre choix, celui d'un départ rapide puisque ma seule issue était la mort. Cela demande beaucoup d'argent : la prise en charge elle-même, le voyage, l'hébergement sur place lorsque l'on vient de loin. L'engagement 21 du président Hollande, non tenu, qui s'enlise dans sa mise en place de missions et rapports successifs verra-t-il le jour ? J'aurais aimé en profiter et ne pas avoir à m'exiler en Suisse», regrette-t-elle dans sa conclusion.

 

À l'image de Nicole Boucheton, ils sont de plus en plus nombreux à rejoindre les terres helvétiques pour se donner la mort.

C'est notamment le cas Outre-Rhin, avec 268 départs, les Allemands ont été les premiers à se rendre en Suisse, devant les Britanniques (126) et les Français (66). Au total, 611 étrangers ont bénéficié d'une assistance à mourir entre 2008 et 2012. Près de la moitié souffraient de maladies neurologiques comme la sclérose latérale amyotrophique (également appelée maladie de Charcot), la sclérose en plaques ou la maladie de Parkinson. Venaient ensuite le cancer et les troubles rhumatismaux. La plupart d'entre eux ont choisi d'absorber du pentobarbital. Depuis cette étude en 2012, très contestée par les associations suisses en faveur du suicide assisté, les chiffres sont presque impossibles à trouver. De l’augmentation massive à l’augmentation modeste, où est la vérité ? Il reste que les étrangers semblent toujours intéressés par cette offre.


Pour l'ADMD qui milite pour l'adoption d'une nouvelle loi, chaque procès de médecin français ayant pratiqué l’euthanasie est le constat d'échec de la législation française sur la fin de vie et l'évidence de la nécessité d'une loi qui mette au cœur de toute décision médicale le patient, et lui seul, dans le cadre d'une véritable démocratie sanitaire.

 

ELLE

 

Je dois avouer que le marchandising de la mort a quelque chose de ... déprimant. Ca donnerait presque envie de passer son tour dans l'arène. Mais de là à profiter de la détresse et de la souffrance de personnes qui ne trouvent pas dans leur pays le cadre légal pour leur délivrance, on touche le fond. 

On ne choisit pas de naître, il est souhaitable que nous puissions avoir l'impression de choisir l'instant de notre mort. Avant d'être transformés en galettes protéinées vertes, avant que les moyens psychiques ou physiques nous abandonnent, ayons ce sursaut de liberté. 

Si seulement... 

Dans le même temps, j'aimerai laisser perler un peu d'espoir dans ces moments d'abandons. Nos sens nous donnent la possibilité de découvrir, de jouir, de nous remplir. Les créations sont nombreuses, le monde est à parcourir, la joie est parfois au détour d'une rencontre ou d'un instant suspendu entre deux notes. Dans la mesure du possible, n'anticipons pas trop... 

IL

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