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Le blog des rainettes

Le blog des rainettes

De tout et de rien mais surtout de tout : de l'actualité aux voyages, en passant par la culture, littérature, cinéma, l'Art et jusqu'à la cuisine ou la politique, parfois le tout en même temps à 4 mains, à loisir et à l'envie ! Pourquoi ? Parce qu’un et un font un, parce qu’ils existent, parce que c’est suffisant et insuffisant à la fois, parce qu’ils sont toujours d’accord, parce qu’ils ne sont jamais d’accord, parce qu’il est persuadé d’avoir raison, parce qu’elle sait qu’elle a toujours raison, parce qu’il y aura toujours des questions insolubles, parce qu’il y a trop de personnes porteuses de vérités prêtes à l’emploi, parce qu’il y en d’autres envahies de doutes, parce que la liberté de s’exprimer, de se laisser porter est un privilège dont on n’a pas toujours conscience, parce qu’il faut l’explorer comme on explorerait un nouveau continent . Parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux, parce qu’ils se prennent trop au sérieux, parce qu’ils ne peuvent pas se passer d’internet, parce qu’ils aiment réagir, interagir, parce qu’un poste de télé ou un bon bouquin ça n’a pas beaucoup de répartie, parce qu’ils aiment des choses, sont dégoûtés, énervés, par d’autres, parce qu’ils contemplent. Parce qu’IL s’imagine en ermite reculé d’un monde fou au bord d’un étang, parce qu’ELLE veut voir le monde, parce qu’ils ont vu, parce qu’ils ont à voir, parce qu’IL repense la vie, l’univers et le reste dans un trempage hebdomadaire, parce qu’ELLE invente des vies, des univers et des restes dans des nuits blanches quotidiennes, parce qu’ELLE s’ennuie, parce qu’ils sont bavards, parce qu’ils sont timides, parce qu’ils sont différents, parce que les autres sont les autres, parce qu’ils sont de grands gamins et parce qu’ils en ont envie : le blog des reinettes, bavardages avec les grenouilles sur un bord d’étang reculé ou sur un coin de toile pseudo-sociale ! IL et ELLE

Ces pervers narcissiques...

L’invention du pervers narcissique

ou un sexisme renouvelé :

 

 

Selon les témoignages entendus dans les bureaux des juges ou dans les cabinets des psys, les pervers narcissiques seraient nombreux... et seraient tous des hommes ! Outre le fait que magistrats et thérapeutes en ont rarement vu en vrai, pourquoi les femmes ne se voient pas plus souvent décerner le titre de la vilaine manipulatrice perverse narcissique ?


Pour prouver que leur ex-conjoint est un pervers narcissique, des mères de famille se sont mises à dévorer des ouvrages de psy-machins (rarement -ologues et encore moins -iatres).

Ces pervers narcissiques...Ces pervers narcissiques...
Ces pervers narcissiques...Ces pervers narcissiques...
Ces pervers narcissiques...Ces pervers narcissiques...
Ces pervers narcissiques...Ces pervers narcissiques...


Le pervers narcissique est ainsi devenu une figure qui encombre les tribunaux en raison de son succès fulgurant. Il faut le savoir, il est presque toujours barbu et velu : c'est le salaud qui ose laisser tomber sa compagne comme une chaussette sale après lui avoir promis monts et merveilles, l'hypocrite prêt à demander une garde partagée juste pour lui nuire, alors que ses enfants sont la dernière de ses préoccupations ou encore le tyran qui lui sert de chef au bureau...


En fait, cette étiquette infamante tirée du lexique psychanalytique est devenue l'arme fatale des femmes trahies ou harcelées : plus chic que « pauvre type » et, surtout, en vertu du vernis scientifique et psychiatrique qui entoure cette expression à la mode, plus utile aux avocats pour dézinguer l'ennemi juré de leur cliente.

 

Il est évident que le pervers narcissique est un homme dans la plupart des ouvrages ou des articles sur le sujet. Après une prudence rhétorique en introduction, une parenthèse qui glisse que les femmes aussi peuvent être concernées, le reste du livre est écrit au masculin.

 

Ce trouble psychologique qui consiste à séduire sa proie pour mieux la vampiriser est donc en général associé à la virilité du mâle dominant. Mais pourquoi si peu de femmes dans le rôle du bourreau ? Ne sont-elles pas assez perverses pour ça ? Ou bien est-ce le narcissisme qui leur fait défaut ? À moins que les mâles aient tout simplement plus de scrupules à s'avouer dominés...

Quoi qu'il en soit, cette jouissance à manipuler l'autre, repérée dans les années 1980 par le psychiatre et psychanalyste Paul Claude Racamier, ne concernait au départ qu'un tout petit nombre d'individus. On était alors loin du phénomène de société. Mais, dix ans plus tard, un best-seller met le feu aux poudres: Le Harcèlement Moral, la violence Perverse au Quotidien. Marie-France Hirigoyen y décrit un processus en quatre phases: la séduction d'abord, puis l'emprise, ensuite la déresponsabilisation et enfin la manipulation.
« Un pervers narcissique a du charisme. II séduit avec cynisme et désinvolture, ment pour arranger la vérité, se pose en victime quand il est accusé souligne la psychiatre et psychothérapeute. » Aussitôt conquis, le grand public se reconnait dans ce miroir qu'on lui tend.

 

Mais, en même temps qu'elle se vulgarise, la perversion narcissique se masculinise.
Marie-France Hirigoyen vise d'ailleurs explicitement ces messieurs. « Avant de cogner sa femme, on la prépare psychologiquement pour qu'elle soit docile. Et comme l'enjeu c'est de la soumettre, on peut même se contenter de ta terroriser. » Pour elle, la notion ne devient sexuée qu'à partir de l'élargissement de la loi sur la violence conjugale au harcèlement moral en 2010 mais son ouvrage a bien préparé le terrain. De fait, ses travaux déclenchent un petit raz-de-marée dans les cabinets de psy. Quasiment tous les hommes du pays devenaient tout à coup des pervers narcissiques ! Beaucoup de femmes prétendaient avoir découvert que leur mari « en était un ». C'est qu'enfin les frustrations et colères rentrées trouvaient une explication pseudo-savante ! Très vite, dans un couple, on peut avoir l'impression d'être manipulé. Il suffit que l'autre rentre plus tard du boulot que d'habitude sans dire où il était, qu'il mente sur son emploi du temps ou qu'il soit un peu sadique... Et dans l'entreprise, c'est pareil : quand on travaille sous la direction d'un chefaillon on a vite fait de se sentir sous la coupe d'un pervers.

Le pervers narcissique est donc un homme, de même que l'hystérique au comportement théâtral est une femme. Une chose est sûre, les maris blessés ou les salariés harcelés sont peu portés à se plaindre d'une méchante ensorceleuse habitée par un ego surdimensionné. Orgueil mal placé ? La honte de se montrer faible, fragile et dépendant affectivement joue sans conteste un rôle dans le silence des mâles. En parcourant les forums, on lit quand même des maris qui disent que leur épouse est une perverse narcissique, surtout dans les cas de séparation, mais c'est vrai qu'ils ont souvent du mal à reconnaître qu'ils sont sous le pouvoir de l’autre. Il faut prendre en compte ce biais culturel. Pour un homme, il sera plus difficile d'aller voir son médecin généraliste pour lui confier qu'il est humilié par sa femme.


Mais les tabous et les inhibitions n'expliquent peut-être pas tout. Pour pouvoir être des manipulatrices accomplies, il manquerait aux femmes un ingrédient essentiel : le narcissisme.

La société a changé par rapport à l'époque de Freud. Le besoin de se construire une identité propre s'est substitué à la relation Œdipienne. Reste qu'aujourd'hui les narcisses comptent beaucoup moins de femmes dans leurs rangs. Cette différence de comportement, on en trouve la trace dans l'enfance. Des études ont en effet montré que, dès l'école, les garçons apprennent à occuper l'espace central de la cour de récréation quand, autour, les filles se font toutes petites pour jouer à l'élastique. Certaines pathologies ont ainsi un genre et elles sont plus présentes dans un sexe ou dans l’autre. Les statistiques montrent par exemple, que la paranoïa est plus fréquente chez les hommes.


De même que ce savant mélange de perversion et de narcissisme serait un signe distinctif des grands dirigeants politiques affirme dans son ouvrage Marie-France Hirigoyen. Elle donne en exemple Poutine et Sarkozy. Son propos est peut-être discutable sur le fond mais sur les exemples, quand il s’agit d’accoler des adjectifs peu reluisants à ces deux personnages, je ne peux pas lui donner tort ! Il est dommage que son livre ait été écrit avant que Trump ne s’achète les Etats-Unis comme nouveau jouet…

Ces pervers narcissiques...
Ces pervers narcissiques...Ces pervers narcissiques...

En tout cas, les vrais pervers narcissiques sont une denrée rare. Tellement rare que la plupart des psys reconnaissent qu'ils n'en ont jamais vu en chair et en os, par contre, ils croulent sous les femmes autoproclamées de pervers narcissiques.
L’impact de la pathologie accordée librement à ce conjoint sur la personnalité de la femme est surprenant ! C’est ainsi que les pervers narcissiques sont entrés dans les cabinets des psychiatres.

Devant les tribunaux, ces « certificats » sont alors un peu légers... En revanche, les femmes avancent cet argument spontanément dans les procédures orales, parfois c'est même leur avocat qui s'en sert. Ce serait un moyen de faire reconnaître sa souffrance.

Mais pourquoi la reconnaissance de la souffrance amoureuse n’est-elle plus reconnue ?


Pourquoi l'étiquette s'est-elle autant galvaudée ? Regretterait-on sans le savoir les tribunaux qui existaient du temps de l'amour courtois ? Aurait-on la nostalgie des relations amoureuses qui, au Moyen-Âge, étaient régies par un code commun et des querelles entre amants qui pouvaient faire l'objet d'un jugement ?


Aujourd'hui, on a le sentiment que ce jeu n'a aucune règle ni justice. On est protégé à tellement de niveaux sauf à cet endroit-là.
Notre conjoint a le droit de nous quitter du jour au lendemain sans préavis. Face à une situation ressentie comme une grande injustice, traiter son ex de pervers narcissique peut soulager. C'est une manière comme une autre de faire reconnaître sa propre souffrance. Mais, à terme, pas sûr qu'il soit si bénéfique de jeter un voile noir sur une histoire qui se retrouve de bout en bout revisitée aux frontières de la maladie mentale. Pire, le stratagème peut devenir un piège.
Cette catégorisation des pervers narcissique est doublement sexiste : d'abord envers les hommes présentés comme des monstres, mais aussi envers les femmes présentées comme passives et sans cesse ramenées à leur position de victime. Un peu comme dans les contes, les voilà juste bonnes à se faire dévorer par l'ogre qui se cache derrière le masque du chevalier servant.

L'égalité des sexes, ce serait que tout le monde homme ou femme puisse être hystérique et pervers narcissique !

ELLE

Les sciences humaines sont férues de termes réducteurs devant correspondre à un portrait robot tellement fourre-tout que tout le monde peut s'y retrouver. L'invention du pervers narcissique permet de mettre dans le même sac des individus égoïstes, violents envers leurs conjoints, manipulateurs pour une pension alimentaire ou pour masquer une double vie...

Le pervers narcissique est un ou une pervers(e) pour signifier une forme de déviance, narcissique pour qualifier l'égocentrisme et une volonté d'être aimé. Le goût de la manipulation est aussi une forme de séduction, un besoin de se sentir aimé, encore, ou adulé (ça c'est pour ceux qui veulent se situer au sommet de la pyramide). Tous les mots, les qualificatifs existaient avant l'invention de cette expression. L'inventer n'invente pas le comportement humain. Au contraire, cela réduit, met dans des cases, génère des interprétations abusives voire totalement faussées. 

ELLE a raison de parler également des relations amoureuses car leur fin implique de trouver dans l'ex partenaire tous les défauts du monde, l'égoïsme, la manipulation pour un intérêt quelconque, parfois la violence psychologique ou physique... 

Parallèlement, il existe effectivement des relations hommes/femmes perverses qui se basent sur une hiérarchie plus ou moins consciente entre le/la dominant(e) et le/la soumis(e). S'agit-il de manipulation narcissiques ? S'agit-il de choix de vie pour construire à deux une relation complémentaire ? En tout cas, les partenaires acceptent cette règle, et dans ce sens, il n'y a pas de manipulation si elle est consentie.

Et puis si on réfléchit bien, est-ce que les enfants ne sont pas tous des pervers narcissiques ? Ils savent manipuler leurs parents, ils sont narcissiques durant certaines phases de leur développement, et la perversité est le terreau de notre inconscient...  

Bref, faisons attention à ce type de "nouveauté" pour décrire des comportements bien connus par ailleurs. Encore une fois, donner un nom à une chose ne lui donne pas plus de réalité. Lui donner un nom n'en fait pas une invention innovante, c'est plus souvent une volonté de s'accaparer ce qui est connu de tous, pour en faire une découverte personnelle. Voilà un bel exemple de manipulation narcissique, non ? Et si les seuls vrais pervers narcissiques étaient ceux qui se targuent d'en être les "découvreurs" de ces fameux monstres ? 

Bien sûr, il y a des conjoints violents. Il y a des conjoints humiliants. Il y a des conjoints pervers. Il y a des conjoints avant tout égocentriques. Il y a des conjoints menteurs et manipulateurs. Homme ou femme, quelle différence ?

Pour résumer, l'être humain existe, et je crois qu'il faut faire avec.

IL

 

(ps : petit aparté sur les femmes perverses narcissiques, je dirais juste Harcèlement avec Demi Moore, ou encore Liaison Fatale avec Glenn Close... à croire que M. Douglas les attire ;-))

 

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