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Le blog des rainettes

Le blog des rainettes

De tout et de rien mais surtout de tout : de l'actualité aux voyages, en passant par la culture, littérature, cinéma, l'Art et jusqu'à la cuisine ou la politique, parfois le tout en même temps à 4 mains, à loisir et à l'envie ! Pourquoi ? Parce qu’un et un font un, parce qu’ils existent, parce que c’est suffisant et insuffisant à la fois, parce qu’ils sont toujours d’accord, parce qu’ils ne sont jamais d’accord, parce qu’il est persuadé d’avoir raison, parce qu’elle sait qu’elle a toujours raison, parce qu’il y aura toujours des questions insolubles, parce qu’il y a trop de personnes porteuses de vérités prêtes à l’emploi, parce qu’il y en d’autres envahies de doutes, parce que la liberté de s’exprimer, de se laisser porter est un privilège dont on n’a pas toujours conscience, parce qu’il faut l’explorer comme on explorerait un nouveau continent . Parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux, parce qu’ils se prennent trop au sérieux, parce qu’ils ne peuvent pas se passer d’internet, parce qu’ils aiment réagir, interagir, parce qu’un poste de télé ou un bon bouquin ça n’a pas beaucoup de répartie, parce qu’ils aiment des choses, sont dégoûtés, énervés, par d’autres, parce qu’ils contemplent. Parce qu’IL s’imagine en ermite reculé d’un monde fou au bord d’un étang, parce qu’ELLE veut voir le monde, parce qu’ils ont vu, parce qu’ils ont à voir, parce qu’IL repense la vie, l’univers et le reste dans un trempage hebdomadaire, parce qu’ELLE invente des vies, des univers et des restes dans des nuits blanches quotidiennes, parce qu’ELLE s’ennuie, parce qu’ils sont bavards, parce qu’ils sont timides, parce qu’ils sont différents, parce que les autres sont les autres, parce qu’ils sont de grands gamins et parce qu’ils en ont envie : le blog des reinettes, bavardages avec les grenouilles sur un bord d’étang reculé ou sur un coin de toile pseudo-sociale ! IL et ELLE

Ô mon bateau !

J’aime les voyages atypiques. Par exemple, en février dernier, j’étais dans une région qui attire énormément de touristes… en été ! L’hiver qui s’étend d’octobre à mai, avec ses accès par le réseau routier fermé, ses -20°C, n’attire que 0,5% des quatre millions de visiteurs annuels…

 

J’aime voyager, découvrir de nouvelles choses, me confronter à d’autres horizons, modes de vie et surtout partager tout cela… Le voyage atypique n’aide pas au partage car comme son nom l’indique, il ne plaît pas à tout le monde et trouver des compagnons de voyage n’est pas toujours évident.

Ô mon bateau !

Ces voyages atypiques, on les rêve, on les fantasme, on les finance, pièce après pièce dans une tirelire qui gonfle lentement et un jour, après une grosse préparation, on se lance ! Parfois, le plus souvent, c’est une réussite, une révélation, on tombe amoureux d’un lieu, d’un mode de voyage, de vie et plus rarement on se dit qu’on a brisé un joli rêve en le confrontant à la réalité… C’est ainsi que j’ai fait le Transsibérien en mode routard économique et… j’en parlerai un autre jour.

 

Dans la catégorie des révélations, j’ai voyagé sur un porte-container ! Cela a été une telle révélation, que je suis repartie deux ans plus tard ! Le voyage en cargo est devenu l’emblème de mon voyage atypique puisque maintenant, mes piécettes, c’est dans une tirelire container que je les glisse, en attendant le jour où…

Ô mon bateau !

 

Le voyage en cargo, c’est la mer ! J’aime la mer, l’océan… je m’y suis confrontée physiquement en faisant de la voile et c’était sans aucun doute le voyage le plus fatigant que j’ai fait. Non, le cargo, c’est une confrontation à l’immensité de la mer et donc de la Terre avec un grand "T".

C’est confrontation invite à l’introspection, ouvre au voyage initiatique.

Ô mon bateau !

 

Le voyage en cargo, c’est une envie de lenteur. On voit passer les fuseaux horaires, les uns après les autres, on vit des journées de vingt-cinq heures, d’autres de vingt-trois, on peut voir disparaître une journée, en revivre une, c’est un voyage dans le temps à vitesse d’escargot.

Le temps y est très important, passagers tolérés sur une usine flottante, un respect strict du règlement et des horaires est attendu des passagers. Nos seules responsabilités : ne pas gêner, ne pas nous mettre en danger et respecter les horaires.

Touriste au milieu des marins, le passager observe de loin, timide et solitaire devant cette cohésion d’équipe, cette mécanique bien huilée, cette hiérarchie bien établie, parfois admiratif devant ce travail, parfois gêné devant certaines habitudes d’hommes de mer.

Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !

 

Je possède un tee-shirt où est inscrit « The journey is the destination », cette phrase illustre parfaitement le voyage en cargo. Quand j’ai choisi mon porte-container, je n’ai regardé que les durées et réalité oblige, les tarifs… J’ai évité les petites frayeurs sur les côtes somaliennes et le canal de Suez et j’ai pris le meilleur rapport durée / prix, la destination m’importait peu, j’ai fait une boucle, de toute façon, retour au port de départ.

L’avion, c’est la destination, le bateau, c’est le voyage : « the journey is the destination », that’s my motto !

Nous retrouvons cette idée chez Stevenson « voyager plein d’espoir est mieux que d’arriver » !

Ô mon bateau !
Ô mon bateau !

 

En cargo, coupé du monde, sans aucun contact sur l'extérieur, on découvre le monde, un nouveau monde, un monde hors du monde qui se redéploye à partir de l’espace du navire avançant sur l’infini. L’infini bleu, gris, vert, noir, blanc, devant, derrière, à droite à gauche, à 380° !

Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !

Le caractère accessoire de la fonction touristique du cargo fait qu’on ne se retrouve que dans la contemplation et l’introspection. Nous vivons dans le luxe, cabine spacieuse, repas copieux, service à table, vue imprenable (sur les containers et en se tordant le cou, à genoux sur le bureau, sur la mer). Un seul membre de l’équipage partage sa fonction de marin avec celle de responsable des passagers : ménage dans les cabines et consignes de sécurité. Pour le reste, le passager se débrouille, s’occupe, se divertit et surtout n’encombre pas, seul !

Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !

 

 

Un géant d’acier que les terriens ont l’habitude de mesurer en terrains de football, voilà la zone d’évolution du touriste. Des promenades sur des ponts huileux, des ascensions sur des échelles sous le vent, des explorations dans le ventre du monstre, des points favoris, des rituels créés jour après jour, du vent, des vagues, des dauphins, des poissons-volants, des baleines, des tortues de mer… il y a de quoi faire et de quoi voir !

Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !Ô mon bateau !
Ô mon bateau !Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
tortue de mer

tortue de mer

Exocoetidae
Exocoetidae

Exocoetidae

jets de baleines
jets de baleines

jets de baleines

dauphins
dauphins

dauphins

 

La mer, les équipages au travail, les petits matins sur le pont, la lumière qui joue avec l’horizon le soir, les heures passées à l’avant à observer les vagues se former, la terre qui approche lentement, dans quelques semaines, quelques jours, quelques heures… le voyage est difficile à raconter.

Si le départ a quelque chose d’ostentatoire, le voyage en lui-même est fait pour soi, une expérience personnelle, une aventure vers soi et vers les autres, un moyen de « sentir » le monde.

 

Ô mon bateau !
Ô mon bateau !

A terre, dans les ports de commerce immenses, au milieu des machines, des labyrinthe de "boîtes" par millions, avant d'aller jouer le touriste "régulier" dans une grande ville, on aura un peur, on se sentira fier en descendant de ce géant des mers qui vient de traverser un océan et apporte des tonnes de marchandises avant d'en charger autant mais totalement perdu sur cette terre qui ne roule plus sous nos pieds, cette agitation frénétique, les décisions à prendre, le besoin d'agir... cela donnera le tournis. Et on repartira...

Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !
Ô mon bateau !

 

En mer, on regarde, on photographie, on pense, on lit, on écrit, on dort, on s’interroge sur le pourquoi de ce voyage, de cette envie, tout en se demandant pourquoi les autres le font et ce que représente pour eux un voyage en cargo.

 

 

Ô mon bateau !
Ô mon bateau !

ELLE

Tu as presque tout dit, ELLE. Le voyage c'est aussi le moyen de transport que l'on choisit, le temps qui s'écoule différemment, l'introspection, l'horizon à 360°...

Lorsque j'ai fait le mien, en cargo, un demi tour du monde du Havre à Noumea en passant par le canal de Panama, j'ai eu le temps d'explorer toutes ces dimensions et leurs déformations. J'en parlerai aussi un peu plus tard. 

Il y a une particularité que j'aimerais évoquer en complément, car dans un voyage aussi long on coupe des lignes invisibles qui gèrent notre quotidien. Ainsi, en avion, arrivé à destination on change l'heure de notre montre en une seconde et on ne se pose plus de question, on s'adapte au temps local. En cargo, en bateau plus généralement, cela prend plus de temps, et il faut aussi du temps pour remettre les pendules à l'heure. Ainsi, dans ma vie je me souviendrai toujours du jour perdu. En ces périodes électorales, c'est une date qui évoque : il me manque un 21 avril ! Je suis passé du 20 au 22, simplement. N'est-ce pas étrange que se dire que j'ai vécu un jour de moins ? 

En réalité, si je veux être précis, mon 21 avril perdu a duré... une heure, sacrée contraction. J'étais là, j'ai tout vu et la pendule de ma cabine a dansé. Le 20 avril 23h59, puis, 21 avril 0h00, les minutes passent, arrive 1h du matin et là, elle accélère le temps pour arriver au 22 avril 0h00. RIP 21 avril.  

Ainsi va le temps sur un voyage au long court.

En tout cas le rendez-vous avec l'océan était parfait, et si j'ai l'occasion je repartirai à dos de cargo. Mais il y a tellement de belles choses à explorer de temps de manières différentes. Par exemple, j'ai eu la chance d'explorer le Spitzberg en voilier, en été. Encore une expérience qui mérite des détails à venir, que ce soit pour la nature dénudée, que pour la faune, les moments d'introspections en plein jour à 2h du matin où les glaciers qui vêlent au rythme d'un réchauffement global qui est, là bas, tout sauf un mythe. 

IL

Ô mon bateau !Ô mon bateau !
Ô mon bateau !

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